LES CHANTRES DU MONDE ANCIEN
Dites, où sont-ils, ces hommes excellents, où trouverai-je ces, chantres dont la parole vivante ravissait les peuples attentifs, dont les chants faisaient du ciel descendre le dieu, monter l’homme au ciel, et enlevaient les esprits sur les ailes de la mélodie? Ah! les chantres vivent encore; seules, les actions manquent, pour éveiller gaiement la lyre; il manque, hélas! une oreille qui entende.
Heureux poètes d’un monde heureux! de bouche en bouche, de génération en génération, volait votre parole sentie de tous.
1. Inséré d’abord ilnns les Heures do 1795, sous un autre titre : « Les poètes du monde ancien et du nouveau. >
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SCUILLKR. — POESIES.
rOÉSI?;S DÉTACHÉES.
Gomme on accueille les dieux, ainsi chacun saluait avec ferveur ce que lui créait le génie par la parole ou par la main de l’art. Au feu du chant s’enllammaient les sentiments de l'auditeur; aux sentiments do l’auditeur le chantre nourrissait son propre feu, le nourrissait et le puriliait! Heureux le poète à qui la voix du peuple renvoyait encore clairement l’ânie de la poésie; à qui, au dehors dans la vie, ajjparaissait encoi;e la divinité céleste que le poète de nos jours entrevoit à peine, à peine encore dans son cœur'!