Les Heurts ont ici deux distiques do plus
c Malheur à lui, s'il croit encore aujourd’hui la peicovoir du dehors et prête une oreille abusée à l’appel du séducteur I Du milieu du monde qui l’entourait, la Muse parlait à,l’ancien poêle; à peine apparatt-cllc encore au moderne, quand il oublie le monde où il vit. s
2. Cette ode est de 1795; c'est U première pièce de l’dimanach des Uuses de 179G.
PUISSANCK DU CHANT.
le mène du plaisant au sévère, sur la flexible échelle des sentiments.
Lorsque tout Ji coup, dans les cercles où règne la joie, s’avance à pas de géant, avec mystère, tel qu’un fantôme, un atl’reux destin : alors se courbe toute grandeur terrestre, devant cet hôte de l'autre monde; le vain bruit de l’allégresse se tait, tout masque tombe, et, devant la puissance victorieuse de 1a vérité, s’évanouit toute œuvre de mensonge.
Ainsi, quand l’appel du chant résonne, l’homme soudain s’élève, rejetant tout vain fardeau, à la dignité des purs esprits, et subit un .saint pouvoir. 11 appartient aux dieux suprêmes; rien de terrestre ne peut l'approcher, et toute autre puis.sance doit se taire. Nulle fatalité ne l’atteint; toutes les rides du souci s’effacent, tant que règne la magie du chant.
Et comme, après un regret sans espoir, après la douleur amère d'une longue séparation, un enfant se précipite, inondé des larmes brûlantes du repentir, sur le cœur de sa mère : ainsi le chant ramène à la chaumièr.e de sa jeunesse, au bonheur pur de son innocence, le fugitif exilé sur une terre loiubiine, parmi des mœurs étrangères; il le remet aux bras de la nature fidèle, poui' réchauffer son cœur glacé par les théories