LUMIÈRE ET CHALEUR
L’homme bon entre dans le monde avec une joyeuse confiance. Ce qui fait palpiter son cœur, il le croit voir aussi hors de lui; et, brûlant d’une noble ardeur, il consacre à la vérité son bras fidèle.
Mais tout est si mesquin, si étroit! A peine l’a-t-il éprouvé, qu’il ne cherche plus, dans le tumulte du monde, qu’à se garder lui-même; son cœur, calme, orgueilleux et froid, à la fin se ferme à l’amour.
Ah! ils ne donnent pas toujours une ardente chaleur, les clairs rayons de la vérité ! Heureux ceux qui ne payent pas de leur cœur le bien de la science ! Unissez donc, pour votre plus grande félicité, au zèle sincère de l’enthousiaste, le coup d’œil de l’homme du monde.
I. Inséré d’abord, ainsi que la pièce suivante, dans VÀlmanach det Mutet de 1798.
POÉSIES DÉTACHÉES
LARGEUR ET l'ROFONDEUR'.
Ilic'ii des gens brillent dans le monde; ils savent parler de toul, et pour ap]>rendre ce qui peut, ici ou là, charmer et plaire, on n'a qu’à les interroger. On croirait, à les entendre parler haut, qu’ils ont vraiment conquis la mariée*.
Et cependant ils sortent du monde sans nul bruit ; leur vie a été perdue. Oui veut produire quelque chose d’excellent, enfanter quelque grande œuvre, qu’il rassemble doucement, sans se lasser, la plus haute force sur le plus petit point,
Ijc tronc s’élève dans les airs , avec ses branches richement éclatantes : les feuilles brillent et exhalent leur arôme ; cependant, elles ne peuvent produire de fruits. Le noyau seul , dans un étroit espace, recèle l’orgueil de la forêt, l’arbre.
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