UN SOLDAT
Regardez, sergent.
Arrivent DEUX PAYSANS.
LE SERGENT
Oh 1 voilà les jeunes gens que j’attendais; ils ont l’air de gens comme il faut. Êtes-vous libres, mes enfans?
PREMIER PAYSAN
Je suis parfaitement libre : grâce au ciel, tous mes parens, ou peu s’en faut, sont morts; il ne me reste plus au monde qu’une Vieille mère infirme.
LE SERGENT
Vraiment! voilà qui est singulier. — Ainsi vous êtes votre maître, — et propre à servir sa majesté? Savez-vous lire?
PREMIER PAYSAN
Non, j’ai toujours été trop joueur pour m’instruire; mais voici John qui est ferré sur cet article.
le sergent, au deuxième paysan.
Ainsi yous êtes un savant, mon ami?
DEUXIÈME PAYSAN
Je suis né tel, monsieur; mon père tenait une classe de grammaire.
le sergent.
Vous êtes un heureux mortel. — Après une ou deux campait.
190 LA SAINT-PATRICK
gnes, attendez-vous à être l'aumônier d’un régiment. Je suis sûr
que vous avez lu l’histoire des guerriers et des héros î
DEUXIÈME PAYSAN
C’est vrai : j’ai lu l’histoire de Jack, le pourfendeur de géans, du dragon de Wantley, ainsi que— non, voilà, je crois, tout ce que j'ai lu en fait d'histoire des héros, si j’en excepte pourtant l’histoire d’une comète.
LE SERGENT
Merveilleuse instruction !... Allons, mes braves, je vais mander au roi vos bonnes intentions ; venez me rejoindre dans une demiheure à l’auberge des Deux Pies.