ACTE H, SCÈNE IV
cidé a ne suivre ton avis en quoi que ce soit. — Écoulez-moi, monsieur : vous êtes Irlandais et militaire, n'est-il pas vrai?
LE LIEUTENANT
Je suis l'un et l’autre, monsieur, et je m’en fais gloire.
LE JUGE
Ce sont les deux choses que je hais le plus au monde ; écoutezmoi donc. — Renoncez à votre pays, vendez votre commission, et je vous pardonne.
LE LIEUTENANT
Ëcoutez-moi, à mon tour, monsieur le juge. — Si vous n’étiez pas le père de Laurétte, je vous donnerais des chiquenaudes sur le nez pour m’avoir fait la première demande, et je vous romprais les os pour avoir articulé la seconde,
LE DOCTEUR
Vous avez raison.
LE JUGE
Vous croyez? en ce cas, c’est donc moi qui ai tort. — Tenez, monsieur, je vous donne ma fille, à vous, le plus impudent coquin que j’aie vu de ma vie.
LE LIEUTENANT
Oh ! monsieur, dites tout ce qu’il vous plaira ; avec un don tel que Laurelte, chaque mot est un compliment.
BRIGITTE
Allons, mon amour, ceci fera un excellent sujet de querelle pour le reste de nos jours.
C’est aussi ce que je pense, ma chère, quoique après tout les sujets ne nous manquent jamais.
• LE DOCTEUR
Tout est pour le mieux. Mon Alexandre, je vous félicite, — et vous pareillement, ma petite filleule; et maintenant, perraettezmoi de former pour vous le souhait sincère que vous fassiez une aussi bonne épouse que ma pauvre chère Dorothée.
Ils sortent.
FIN DE LA SAINT-PATRICK