‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 159 sur 357 · LA LINGÈRE · texte numérisé non relu

LA LINGÈRE

le remercie humblement votre seigneurie.

Elle sort.

FAT INGTON.

Mon cher cordonnier, ces souliers ne sont pas mal, mais ils ne me vont pas.

LE CORDONNIER

Mylord, je pense qu’ils vous chaussent parfaitement.

FAT-1NGTON.

Ils me font mal au dessous du coude-pied.

le cordonnier, lui tâtant le pied.

Non, mylord, ils ne vous font pas mal en cet endroit.

FAT-INGTON. ^

Je te dis qu’ils me pincent horriblement.

LB CORDONNIER

Par exemple, si ces souliers vous pincent, je veux être damné.

FAT-INGTON.

Veux-tu donc me faire accroire que je ne sais pas ce que je sens... *

LE CORDONNIER

Votre seigneurie peut sentir tout ce qu’il lui plaira, mais ce soulier ne vous fait pas de mal; je crois connaître mon métier.

FAT-INGTON.

Par tout ce qu’il y a de bon et de puissant, tu es un incompréhensible fat, — mais tu fais d'excellens souliers, et je te pardonne.

LE CORDONNIER

Mylord, voilà vingt ans que je travaille pour la moitié des gens de qualité de cette ville, et je jouerais de malheur si je ne savais pas quand un soulier blesse cl quand il ne blesse pas.

2 MJ

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