ACTE I, SCÈNE II
l’excès de ma colère. Viens, Lory, mettons nos idées en commun, et de sang-froid concertons sa mort.
LORY
Je vois venir quelqu’un dont l’imaginative ferait beaucoup mieux que les deux nôtres réunies, si elle consentait à entrer dans notre complot.
Par le ciel, c’est madame Laressource ! elle parait mécontente ; observons-la.
Entre MADAME LARESSOURCE.
laressource, sans voir Fashion et Lory.
En vérité, je vais être, à ce qu'il parait, joliment récompensée de mes services! je vois que mes soupçons n’étaient que trop fondés. Quoi ! refuser de m’avancer une modique somme au moment où je vais le rendre possesseur d’une immense fortune! Mais qu’il prenne garde aux conséquences, l’ingrat, le sot, le fat qu’il est !
fashion. •
Il est bien tout ce que vous dites là, ma bonne dame; c’est sans doute de mon frère que vous parlez?
LARESSOURCE.
Ah ! te voilà donc ici, mon enfant? Tu as tout dépensé, n’estce pas ? et tu viens relancer ton frère pour en obtenir quelque argent?
FASHION
Non, je ne demande d’autre assistance que celle d’un homme de bonne volonté qui veuille bien couper la gorge à sa seigneurie, sans que je coure le risque d'être pendu pour le fait.
LARESSOURCE.
Je puis t’aider à lui jouer un tour tout aussi pendable, sans avoir à craindre le pilori pi la marque.
FASHION
Voyons, de quoi s’agit-il, mon vieux renard?
LARESSOURCE.
Tu sauras que je t’ai rendu le service de négocier le mariage de ton frère.
Je vous ai bien de l’obligation, en vérité !
LARESSOURCE.
Tu pourras m’en avoir encore avant la noce : la future est une
riche héritière, les conditions sont réglées, le contrat est dressé,
et sa seigneurie est arrivée pour conclure l’affaire.
FASHION
C’est ce que j’ai entendu dire.