ACTE I,- SCÈNE II
nous rédigerons et tu me signeras une obligation en forme, et quand je t’aurai donné quelques instructions additionnelles, tu feras voile et partiras.
Elle tort.
» r Asm ou.
Ainsi, Lory, tu vois qu’à la fin la fortune récompense le mérite; nous sommes à la veille de devenir grands seigneurs.
Oui, monsieur, pourvu que le diable, selon son habitude, ne s’interpose pas entre la coupe et les lèvres.
FASHION. ‘ T
Parbleu, il m’a déjà joué plus d’un méchant tour, et j’ai bien peur qu’il ne se prépare à m’en jouer un nouveau ; tu serais bien étonné si je te disais comment.
LORY
Je ne le serais pas le moins du monde, monsieur. :
fashion.
Qu’en sais-tu ?
LORY
Parce que , monsieur, vous avez tant de fois excité ma surprise, que je ne puis plus m’étonner de rien.
FASHION
Non ! Eh bien, que dirais-tu si un remords de conscience venait arrêter mon dessein ?
LORY
Je me rétracterais, et m’étonnerais de plus belle.
FASHION
Je te l’avouerai, Lory, quoique j’aie joué plus d’un méchant tour, celui-ci est d’une nature si grave, que j’ai quelque pei Âb à m'y décider. — J’ai des scrupules. f
LORY
Ce sont des symptômes de mort, monsieur. S’ils augmentent, veuillez, je vous prie, faire votre testament.
FASHION
Non, il ne sera pas dit que ma conscience m’aura fait mourir de faim; tout ce que je puis lui accorder, le voici : avant d’exécuter mon projet, je veux sonder mon frère. S'il a assez d’hu-r inanité pour venir à mon aide, — quelque modique que soit son assistance,— j’abjurerai mon projet à ses pieds, et lui montrerai que je suis homme à faire pour lui beaucoup plus que je ne lui
demanderais de faire pour moi. Je suis résolu de tenter auprès de lui cette épreuve dernière et décisive
Heureux ou malheureux, je resterai vainqueur :
Si je puis amollir son coeur,
Tant mieux; sinon, domptant ma conscience ,
De ce complot hardi je tenterai la chance.
Ils sortent.