‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 183 sur 357 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

Diantre! Parle-leur poliment, Lory, — sinon, en courant après la fortune, nous pourrions bien recevoir chacun une balle dans la tête.

LORY

Parbleu, monsieur, je crois que vous avez raison. — Holà ! monsieur je ne sais qui, — vousplait-il de nous laisser entrer, ou voulez-vous nous laisser ici plantés pour reverdir?

A l'une des fenêtres parati UN DOMESTIQUE armé d'une esplogoie.

LE DOMESTIQUE

Eh bien 1 que voulez-vous ?

FASHION

Nous désirerions, avec votre permission, parler à sir Ventru.

LE DOMESTIQUE

Parler à sir Ventru? — Ce ne sera qu’autant qu’il plaira a sir Ventru de vous entendre.

FASHION

ft,

Ayez la bonté, je vous prie, de vous informer s’il plaît à sir Ventru de nous accorder cette faveur.

LE DOMESTIQUE

Tenez, voyez-vous, avec de bonnes paroles, il n’est rien qu’oi ne fasse. — Ralph, va trouver sir Ventru, et demande-lui s’il lui plaît de recevoir; — chemin faisant, vois la nourrice, afin qu’elle enferme miss Georgette avant que nous n’ouvrions les portée.

FASHION

Entends-tu cela, Lory?

Arme SIR VENTRU LOURDOFF, suivi de DOMESTIQUES armés de carabines, de bâtons, de fourches, etc.

lory, courant se cacher derrière son mattre.

0 mon Dieu, mon Dieu ! vous et moi, nous sommes des gens morts.

fashion, bas, à Lory.

Imbécile! tes frayeurs vont nous perdre.

lory.

Mes frayeurs, monsieur! parbleu, monsieur, je ne crains rien. — (A part.) Que ne suis-je plongé jusqu’au menton dans un abreuvoir !

SIR VENTRU

Quel est celui qui demande à me parler?

FASIUON.

C’est moi, monsieur, si votre nom est sir Ventru Lourdoff.

SIR VENTRU

.Monsieur, mon nom est sir Ventru LourdoiT, que vous ayez ou non affaire à moi. Ainsi, vous voyez que je ne rougis ni de mon nom ni de ma figure.

Monsieur, vous n’avez pas lieu d’en rougir, que je sache.

SIR VENTRU

Monsieur, si vous pouvez en dire autant, je désire savoir qui vous êtes; car jusqu’à ce que je sache votre nom, je ne vous demanderai pas d’entrer dans ma maison; et quand je saurai votre nom, il y a si* à parier contre quatre que je ne vous le demanderai pas davantage.

fashion, lui remettant une lettre.

Monsieur, j’espère que vous trouverez dans celte lettre un passeport authentique.

SIR VENTRU

Vive Dieu ! c’est de madame Laressource! — Je demande mille fois pardon à votre seigneurie. — (A ses domestiques .) Allez vite à la maison ; allumez un grand feu de charbon dans le parloir; mettez en place les fauteuils en tapisserie; sortez les flambeaux de bronze, et n’oubliez pas de garnir de laurier les bobèches. — Dépêchez-vous. — ( Se tournant vers le jeune Fashion.) Mylord, je demande pardon à votre seigneurie. — (Aux domestiques.) Allez vite trouver la nourrice; dites-lui de remettre en liberté miss Gcorgette.

Les domestiques s'éloignent.

sir ventru, continuant.

J’espère que votre seigneurie voudra bien excuser le désordre de ma famille : nous ne sommes pas habitués à recevoir tous les jours des personnages aussi iraportans que votre seigneurie. Où sont, mylord, vos carrosses et vos domestiques?

FASniON.

Monsieur, afin de vous donner ainsi qu’à votre fille une preuve de l'impatience que j'ai de m’unir à vous, j'ai devancé mon équipage, et suis venu en poste avec un seul domestique.

Votre seigneurie me fait trop d’honneur; c'était exposer votre personne à trop de fatigues et de dangers; mais ma fille fera son possible pour vous en dédommager ; et vous pouvez m’en croire, quoique ce soit moi qui le dise, Georgette a des charmes.

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