SCÈNE III
Devant la maison de sir Ventru.
Arrivent LE JEUNE FASHION et LORY.
FASHION
Allons, — voilà notre héritage, Lory, si nous pouvons toutefois en prendre possession. — Ne trouves-tu pas que la résidence de notre famille ressemble beaucoup à l’arche de Noé?On dirait que la plus grande partie des bâtimens est destinée aui oiseaux de l’air et aux bôtes des champs.
LORY
Je vous en prie, monsieur, ne vous inquiétez pas de la distribution de cet édifice ; ayez seulement l’héritière, et qu’ensuite le diable emporte la maison !
FASHION
Au contraire; ayons la maison, et que le diable emporte l’héritière!— Mais viens, nous n’avons pas de temps à perdre. Frappe à la porte. ( Lory frappe deux ou trois coups.) Que diable ! est-ce qu’ils sont sourds, dans cette maison? — Frappe plus fort.
lory, continuant de frapper.
Je gage, monsieur, que c’est ici un château ensorcelé : nous allons voir tout-à-l'heure paraître le géant armé de sa massue, qui va nous briser la cervelle.
FASHION
Silence ! on vient.
un domestique, de l’intérieur.
Qui est là?
LORY
Ouvrez la porte, et voyez. — Vous êtes joliment polis, vous autres provinciaux!
LE DOMESTIQUE
Deux mots seulement sur ce chapitre. — Thomas, l’cspingole est-elle amorcée?