I.A NOURRICE
Mais si on vous marie maintenant, que ferez-vous quand sir Ventru voudra vous marier?
GEORGETTE
Eh bien, nous nous marierons de nouveau.
LA NOURRICE
Quoi! deux fois, mon enfant?
GEORGETTE
Je me marierai autant de fois qu’on voudra; cela m’est bien égal.
LA NOURRICE
Allons, j’ai*Ie cœur si faible, que je ne puis rien vous refuser: ce que vous voulez sera fait.
GEORGETTE
En vérité ! Ah! mon Dieu, j’en sauterais de joie.
FASI1ION.
Bonne nourrice, votre complaisance sera récompensée; mais il faut maintenant que vous usiez de votre influence auprès du chapelain pour qu’il nous rende ce service, et alors nous serons tous heureux. Pensez-vous que nous obtiendrons cela de lui?
LA NOURRICE
Si nous l'obtiendrons? Oui, certes, ou jamais il n’aura rien de moi ; il peut y compter.
FASHION
Je suis charmé de l’entendre ; toutefois, pour ajouter à vos moyens de persuasion, faites-lui savoir que je nomme à plusieurs gros bénéfices, et que le premier qui viendra à vaquer sera mis à votre disposition.
LA NOURRICE
En voilà assez pour lui faire marier tous les couples qu’on voudra, je vous en donne ma parole.
GEORGETTE
Je t’en prie, nourrice, fais en sorte que lui-même il se marie aussi avec toi ; un bon bénéfice lui fera faire la chose.
FASHION
Allons, nourrice, pendant que vous allez vous entendre avec lui à ce sujet, votre maîtresse et moi nous ferons dans le jardin un tour de promenade.
La nourrice ion.
fashion, continuant.
Venez, mademoiselle; vous ne craignez pas de vous confier seule à ma garde ?
U prend m iss GeorgcUe par la main.