ACTE IV, SCÈNE I
puisse prendre beaucoup d’intérêt aux niaiseries d’un enfant? Si tu veux iui donner bonne opinion de moi, au lieu de lui dire ce que j'ai fait alors, dis-lui plutôt ce que je puis faire maintenant.
— {Haut.) Vous voudrez bien m’excuser, mylord, si je lui parle bas devant vous ; je lui donnais seulement quelques ordres relatifs au service.
FASHIOX.
Oh! mademoiselle, les affaires doivent passer avant tout; d’ailleurs la qualité de bonne ménagère est une grande recommandation dans une jeune personne.
GEOUGETTE.
Dites-moi, mylord, à Londres, les jeunes demoiselles sont-elles bonnes ménagères? raccommodent-elles elles mêmes leur linge?
F.VSHIOM.
Oh! non ; elles apprennent à dépenser l'argent, non à l'épargner.
GEOUGETTE.
Tiens, il me semble que c’est beaucoup plus amusant; n’est-ce pas, nourrice?
FASHION
Quand vous serez là-bas, vous ferez comme il vous plaira.
GEOUGETTE.
Vraiment? en ce cas, sur ma parole, il me tarde d’y être. —
( A la nourrice.) Sa seigneurie te demande d'être assez bonne pour permettre que nous soyons mariés demain.
LA NOUnUlCE.
Demain, mademoiselle?
FASIIIOM.
Vous avez bien raison, nourrice, de vous étonner que mademoiselle demande un aussi long délai. Demain! non, non; c'est aujourd’hui, c'est à l'instant même que je voudrais voir la cérémonie s'accomplir.
GEOUGETTE.
Ma foi, très-volontiers.
LA NOURRICE
Oh! miséricorde, de pire en pire!
FASIIION.
Oui! bonne nourrice, il faut que nous soyons mariés à l’instant et en secret; car, puisque toutes les conventions sont arrêtées et signées, pourquoi sir Ventru nous ferait-il attendre huit jours un dîner de noce?