‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 202 sur 357 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

GEOHGETTE.

Mort de ma vie, elles sont si parées et ont un air si cossu, que j'ose à peine les approcher.

AHANDA.

Voilà, par ma foi, une lady bien aimable!

GEOHGETTE.

Bien obligée, madame.

BÉRINTlilA.

Et je ne doute pas que bientôt elle ne figure avantageusement dans le beau monde.

GEORGETTE

Oh est ce pays-là?

m FASHION.

Vous le saurez bientôt, ma chère.

LOVELESS.

Mais, mylord Fat-ington...

FAT-INGTON.

Monsieur !

LOVELESS.

Ce n'est pas à vous que je parle, monsieur! — [A Fashion.)

Quel est ce monsieur, je vous prie? 11 m’a l'air d’un singulier original.

townley. »

Pour un personnage aussi bien vêtu, il est dans une position passablement bizarre.

sin VENTRU..

Ha ! ha ! ha ! voilà donc vos amis et connaissances que vous aviez invités, monsieur l’aventurier?

fat-ington.

Leur impudence me rend muet; je ne sais, en vérité, si désormais, je pourrai encore ouvrir la bouche.

sir ventru, à Loveless.

Ce monsieur voulait modestement se faire passer pour lord Fatington, et enlever ma fille.

loveless.

Comme ce complot avait des chances de réussite! ha! ha! ha!

fat-ington.

Aussi vrai que Dieu sera mon juge, Loveless, je n’attendais . pas cela de toi. Voyons, avoue que tout cela n’est qu’une plaisanterie ; dis à sir Ventru que je suis le vrai lord Fat-ington qui .aisait hier Ja cour à ta femme, qu'elle a honoré d’un soufflet, et à qui tu as passé ton épée au travers du corps.

SIR VENTRU

Comme cela est probable qu’un pair du royaume ira se conduire ainsi!

Voyez le singulier drôle, qui prétend déshonorer le titre qu’il a usurpé! mais, sir Ventru, qu’allcz-vous faire de lui?

SIR VENTRU

L’envoyer en prison, assurément, à moins que le futur et sa fiancée ne veuillent lui pardonner.

FAT-INGTON.

Le futur et sa fiancée ! Morbleu, sir Ventru, cela me fait mal de vous entendre les appeler ainsi.

GEORGETTB.

Vilain drôle, comment veux-tu donc qu’il nous appelle? chien et chat?

FAT-INGTON.

Non, par ma foi; cela désignerait encore mieux le mari et la femme.

SIR VENTRU

Voilà, pour un épouseur, un singulier coquin!

Entre UN DOMESTIQUE.

LE DOMESTIQUE

Il y a en bas des gens de qualité qui demandent à présenter leurs devoirs à lord Fat-ington.

townley, bas, à Fashion.

Corbleu! Tom, qu'allez-vous faire maintenant?

FAT-INGTON.

A présent, sir Ventru, vous allez voir des témoins qui, je l’espère, n’ont point été gagnés.

Paix, drôle ! — {A Fdsliion.) Vous convient-il, mylord, qu’on fasse entrer ici vos convives, ou préférez-vous qu’ils nous attendent?

FASHION

Je crois, sir Ventru, qu’il vaudrait mieux ne pas recevoir encore ici ces visiteurs. (A part.) Diantre! tout va se découvrir. loveless, bas, à Fashion.

Avouez tout, avouez tout; nous vous soutiendrons.

FAT-INGTON.

Sir Ventru, j’insiste pour qu’on entende les témoignages de part et d'autre, — et si je ne parviens pas à prouver que ce drôle est fin imposteur, —

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