‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 201 sur 357 · ACTE V, SÇÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SÇÈNE II

GEORGETTB.

Sainte bonne Vierge! Est-ce donc là un dandy? Voyons que je l’examine de nouveau. Comment donc? mais je trouve que ce n’est pas du tout mal un dandy.

fasiiion, ù part.

Si je n’y prends garde, elle va s’amouracher de lui : envoyonsle vite en prison. — ( A lord Fat-ington.) Monsieur, bien que la nature de votre entreprise indique une faible dose de modestie, vous n’avez pas sans doute le front d’attendre de moi beaucoup de bienveillance ?

FAT-INGTON.

Sur ma parole, Tom, tu es un impudent drôle.

LA NOURRICE

Voyez, le coquin a l’effronterie d’appeler sa seigneurie Tom tout court.

FAT-INGTON.

Mylord Fat-ington, voulez-vous me permettre de dire un mot à part à votre seigneurie? .»

LA NOURRICE

Oh! ohl il l'appelle mylord, maintenant. Voyez comme le malheur adoucit la fierté des gens.

GEORGETTE

t Je vous en prie, mylord, ne souffrez pas qu’il vous parle de si près; il pourrait vous emporter l’oreille d'un coup de dent.

FAT-INGTON.

Je ne suis pas tout- à-fait aussi affamé que mylady se l’imagine. — [Vas, au jeune Fashion.) Écoute, Tom, je conviens que je ne t’ai pas traité aussi bien que je l’aurais dû; mais j’espère que tu voudras bien me pardonner le passé, et accepter cinq mil'c livres sterling que je t'offre ; — avec cette somme tu mèneras une existence splendide, crois-moi.

fashion, bas, à Fat-ington.

Il est plus facile de prévenir une maladie que de la guérir; le quart de cette somme aurait pu l'assurer la main de ta future; maintenant une somme deux fois plus forte ne saurait le la rendre.

Il s'éloigne Je lui.

SIR VENTRU

Eh bien! que dit-il?

FASHION

Le drôle m’offrait de l’argent pour le laisser nnrtir.

Slil VENTRU.

Oui, il partira; que le diable l'emporte. — Emmcnez-le, constable.

Entre UN DOMESTIQUE, le domestique, au jeune Fashion.

Mylord, il rient d’arriver monsieur Loveless, monsieur le colonel Townley et quelques dames, qui demandent à vous être présentés.

lorv, bas, à Fashion.

Monsieur, comment allez-vous vous tirer de là?

fashion, bas, à Lory.

Sois tranquille, ils sont dans le complot. [Haut.)— Sir Ventru, ce sont des amis que je voulais vous présenter.

FAT-1NGTON.

Tom, tu es bien le plus impudent maraud que la nature ait jamais produit. — Sir Ventru, que je meure si ce ne sont mes amis et connaissances que j’avais invités; ils vont bientôt vous dire si je suis, oui ou non, le véritable lord Fat-ington.

Entrent LOVELESS, LE COLONEL TOWNLEY, AMANDA et BÉR1NTHIA.

FASIUON.

Messieurs, j’apprécie cette marque d’amitié; je suis charmé de vous voir.

TOWNLEY.

Mylord, nous sommes heureux de venir Dour être les témoins du bonheur de votre seigneurie.

LOVELESS.

Votre seigneurie veut-elle nous faire l'honneur de nous présenter à air Ventru Lourdoff?

AMANDA

Et nous, à mylady, votre épouse ?

• FAT-INGTON.

Que Dieu me pardonne, ils s’entendent tous comme larrons en foire.

SIR VENTRU

Messieurs, vous me faites beaucoup d’honneur; les amis de mylord Fat-ington seront toujours les bien venus de moi et des miens.

fashion, à Georgetle.

Ma chère amie, permets-moi de te présenter ces dames.

Page 1