‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 232 sur 357 · ACTE III, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE

reçu du premier que des promesses évasives de services ultérieurs, tandis que Charles a fait tout ce que ses prodigalités lui ont permis de faire; en ce moment même, il cherche à emprunter une somme d’argent dont il destine une partie, malgré la détresse dans laquelle il est lui-même plongé, à secourir le pauvre Stanley.

Ah ! je reconnais là le fils de mon frère.

SIR PÉTRUS

Fort bien ; mais comment sir Olivier en personne, —

ROLLET

J’informerai Charles et son frère que Stanley a obtenu la permission de faire personnellement appel à ses amis; et comme ni l'un ni l’autre ne l’a encore vu, que sir Olivier se fasse passer pour lui, et il aura une occasion favorable pour juger tout au moins de leurs dispositions bienveillantes. — ( A sir Olivier. ) Et, croyez-moi , monsieur , vous trouverez dans le frère cadet un jeune homme qui, au milieu de ses folies et de sa dissipation, a conservé, selon l’expression de notre barde immortel * : « un cœur compatissant et une main toujours prête à s’ouvrir à la voix touchante du malheur, »

SIR P ÊTRES

Bah! qu’importe qu’il ait la main ou même la bourse toujours prête à s’ouvrir, s’il n’y a rien dedans ? Bien , bien, — mettez-les à l’épreuve si cela vous convient. Mais où est l’homme que vous deviez amener et que sir Olivier doit interroger rela-» tivement aux affaires de Charles?

ROLLET

Il est en bas, attendant ses ordres, et nul ne saurait lui donner des renscignemens plus exacts. Cet homme, sir Olivier, est un juif qui veut du bien à Charles , et je dois dire à sa louange qu’il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour lui ouvrir les yeux sur l'extravagance de sa conduite.

SIR PÉTRUS

Faites-le venir, je vous prie.

rollet, appelant.

Ici, quelqu’un !

Entre ON DOMESTIQUE.

rollet, continuant.

Priez monsieur Moïse de monter.

Le domestique sort,

'Sliakjpeare.

SIR PÉTRUS

Mais quelle assurance avez-vous qu’il dira la vérité?

ROLLET

Oh! je lui ai fait comprendre que pour recouvrer certaines sommes avancées par lui à Charles, il n’avait d’espoir que dans la générosité de sir Olivier, dont il a appris l’arrivée; vous pouvez donc compter sur sa tidélité à son propre intérêt. J’ai aussi un autre témoin à produire, un nommé Vipère, dont j’ai découvert certains actes qui frisent beaucoup le faux; je m’en servirai plus tard, sir Pétrus, pour écarter vos injustes soupçons relativement à Charles et à lady Aigremont.

SIR PÉTRUS

Je n’en ai déjà que trop entendu sur ce sujet.

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