‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 300 sur 357 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

frère, sirllenry Bouquet, de ce qu’il ne fait pas partie delà milice.

LADY POMrON.

Il devrait en être, assurément; mais je me suis bornée à dire qu’il avait l’air si français et si fat, qu’il court risque de passer pour un nouveau chevalier d’Eon.

LADY P ATTACHE

Vous m’avouerez que notre situation prête assez à la plaisanterie. Un peu d'élégance et de confort sont ici nécessaires, à moins qu’on ne veuille, comme dit sir Henry, faire sa toilette au son du tambour.

LADY POMPON

Il fait ressortir cette éternelle confusion du matériel de guerre et du matériel de toilette; il faut voir la description qu’il en donne! — Sur le même rayon, des cartouches et des cosmétiques, des gibernes et des mouches; ici, un faisceau d’armes; là, une rangée d’épingles noires; dans le même tiroir oes moules à balles et des fioles d’essences, des pistolets et un nécessaire, de la poudre à canon et de la poudre pour les dents.

LADY COLLERETTE

O la méchante langue!

LADY PANACHE

Veuillez, lady Pompon, ne pas renouveler vos attaques, car voici sir Henry qui vient nous prêter main-forte.

Arrive SIR HENRY BOUQUET.

SIR HENRY

Lady Pompon, je demande une suspension d’armes. — Lady Collerette, je suis charmé de vous voir en ce lieu délectable, — qui, lady Panache, vous présente le spectacle amusant d’une variété si bizarre.

LADY COLLERETTE

Vous le voyez, lady Panache, il persiste.

LADY POMPON

. Je vous assure, sir Henry, que dans vos persiflages j’aurais pris parti contre vous.

SIR HENRY

Aussi vrai que Dieu est mon juge, j’admire ce lieu; il offre à nos regards tontes les pompes, tout le pittoresque éclat de la guerre ! — C’est une fête champêtre donnée par Bellone, et dans laquelle on a le dieu Mars pour vis-à-vis.

LADY PANACHE

Mais sérieusement, mon frère, pourquoi votre jugement sur le camp diffère-t-il tellement de l’opinion commune?

421 LE CAMP

SI H HENRY

Eh bien donc, sérieusement, je pense que c’est le plan le plus mal imaginé que j’aie vu de ma vie ; par exemple, les lentes sont toutes rangées en droite ligne. Or, je vous le demande, lady Collerette, y a-t-il au monde quelque chose de plus laid que la droite ligne? et que peut-on trouver de plus horriblement monotone que cette longue perspective de toile? Point de courbes, point de vides; rien qu'une abominable avenue de tentes.

LADY POMPON'

11 est certain qu’un cirque ou un croissant eût été de beaucoup préférable.

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