‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 309 sur 357 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

Un parloir chez Dcslogea.

M. et DESLOGES, à déjeuner et lisant un journal.

DESLOGES

«Brutus à lord North! seconde lettre sur la situation de l’ar- » méc. » Baste ! — « Au premier lord de l’amirauté ; — extrait » d’une lettre particulière écrite de Saint-Kitt ; — nouvelles de » Coxheath ; — on assure maintenant que sir Charles Hardy... » Baste 1 je ne vois rien qui m’intéresse; on ne nous parle que de la flotte et de la nation.— Je déteste la politique, à moins que ce ne soit de la politique théâtrale.— Oit est le Morning-Chronïcle ?

Mm0 DESLOGES.

Oh ! oui ! c'est là votre journal favori.

DESLOGES

Ah 1 nous y voici. « Nouvelles dramatiques. — Nous apprc- » nons qu’une tragédie nouvelle intitulée l'Armada ou la flotte » invincible, est actuellement en répétition au théâtre de Drury- » Lane. L’auteur est, dit-on, monsieur Pouf, avantageusement » connu dans le monde dramatique; si nous en croyons les ac- » teurs qui, à la vérité, sont d’assez mauvais juges, la pièce » abonde en situations frappantes et en beautés du premier ordre, » qui l’égalent aux plus belles productions modernes. » Guida ! je suis bien aise de voir la pièce de mon ami rouf en si bon train. Ma chère madame Desloges, vous ne serez pas fâchée d’apprendre que la tragédie de Pouf...

Mme DESLOGES

Mon Dieu ! monsieur Desloges, de grâce, ne me fatiguez pas de pareilles sottises. Maintenant que voilà les pièces de théâtre qui recommencent, il n’y aura plus de paix pour moi. Ne vous suffit-il pas de vous être ridiculisé par votre sotte passion pour le théâtre, sans vouloir encore me tourmenter continuellement pour imiter en cela votre exemple? Ne pouvez-vous donc vous livrer à votre ridicule manie sans me forcer à la partager, monsieur Desloges?

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