JÉ
, POUF
Attention, maintenant, mon cher Desloges; on va tirer le canon du fort; c'est le salut du malin.
On entend un coup de canon.
DESLOGES
Voilà qui ne manquera pas de produire un bel effet l
POUF
J'en suis d’avis ; et je pense que cela contribuera adonner de la vérité à la scène. (On entend deux nouveaux coups de canon.) Que diable est-ce là ? trois coups de canon 1 on n'en tire jamais qu’un le matin. C’est toujours comme cela au théâtre ; donnezleur une bonne chose, ils la ressasseront jusqu’à satiété. N’avezvous plus de coups de canon à tirer?
le souffleur , de ta place.
Non, monsieur.
• POUF
Voyons maintenant l’orchestre. Jouez-nous quelque air langoureux. ; ^
MORDANT
Pourquoi cette musique? . .
POUF
Pour annoncer l’arrivée de Tilburine. Il n’y a rien qui prépare l’entrée en scène d’une héroïne, comme un air doux et mélancolique. La voilà qui s’avance,
DESI.OGHS. ,-tji
C’est sans doute sa confidente qui l’accompagne.
POUF
Comme de raison. Les vflilà, modulant leur désespoir sur l'air du menuet d’Ariane.
TILBURINE et NORA, sa confidente, s’avancent sur le devant de la scène.
Une musique douce se fait entendre.
TILBURINE.
’ Que j’aime à respirer le souffle matinal 1 Que j’aime du soleil l'éclat oriental !
De son profond sommeil réveillant la nature ,
Il vient la revêtir d’une riche parure.
La nuit a disparu. La fleur en rougissant Se réveille étonnée aux fleurs du jour naissant ; Les airs sont embaumés par mille fleurs écloses. " Qui pourrait les compter? La famille des roses, L’auémone, le lis, le noble bouton d’or,