ACTE H, SCÈNE
Et l'œillet doux et simple , et l'hyacinthe encor;
Tant d'autres différant et de nom et de race ,
Et dont ma bouche ici veut bien te faire grâce.
T>éjh de mille oiseaux n'entends-tu pas la voix Réveiller les échos des rochers et des bois?
Ces chantres babillards dont chacun a sa note ;
JLe merle, le pierrot , le pinson, la linotte.
Que dis-je, malheureuse I hélas 1 ces boutons d'or , f
Ces roses , ces œillets, et l’hyacinthe encor,
Et ces oiseaux divers dont chacun a sa note,
Le merle, le pierrot, le pinson, la linotte,
Ne peuvent apaiser le tumulte et l’horreur Qui désolent mes sens et déchirent mon cœur.
Avant quo Tilburine ail prononcé les deux derniers vers de celte tirade, Po*f l'interrompt.
Votre mouchoir de batiste, mademoiselle!
TILBURINE.
Je croyais, monsieur, que je ne devais tirer mon mouchoir qu'apres « le tumulte et l’horreur. »
POUF
Pardonnez-moi, mademoiselle, après «le pinson et la linotte,» s'il vous plaît.
TILBURINE.
Le merle, le pierrot, le pinson, la linotte
Elle ie couvre lei yeux de ion mouchoir
* POUP. ’ •
C’est cela, voilà qui est parfait.
• ‘ DESLOGES
F.n effet, c’est on ne peut mieux.
TILBURINE. »»
Ne peuvent apaiser le tumulte et l’horreur Qui désolent mes sens et déchirent mon cœur.
DESLOGES
Oh 1 c’en est trop. . v
MORDANT
Vous avez bien raison.
NOAA.
Soumettez-vous, madame , au sort à qui tout cède ;
Dans vos malheurs peut-être il vous garde un remède.
TILBURINE. J .
Tes yeux, chère Nora, n’ont point versé de pleurs;
Tu n’as point de l’amour éprouvé les douleurs ;
: Car tu saurais qu’alors qu’on est inconsolable ,
• La joie et les plaisirs n’ont plus rien d’agréabla.
DESLOGES
Voilà qui esl très-vrai.