‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 343 sur 357 · LE CONSTABLE · texte numérisé non relu

LE CONSTABLE

J’y vais , sur ma parole ;

A votre voix , seigneur, j'obéis et je vole.

Le constable sort.

POUF

Bépêchez-vous, Ynon cher.

MORDANT

Monsieur Pouf, il me semble que non seulement le juge, mats le constable, parlent en style aussi relevé que les plus importans personnages de la pièce.

POUF

A Dieu ne plaise qu’il en soit autrement dans un pays libre î JÉ. Sachez, monsieur, que je ne suis pas homme à établir des distinctions serviles, et à donner aux grands le monopole du beau langage.

DESLOGES

C’est très-magnanime à vous, j’en conviens.

Entre L’ÉPOUSE DU JUGE.

Remarquez bien cette scène, je vous prie.

L’ÉPOCSE. *

Si je vous interromps, excusez, mon ami;

Mais j’ai vu tout à l’heure, & quelques pas d’ici ,

Un jeune bomme brillant de fierté, de courage,

Que conduisait vers vous une horde sauvage.

J’ai senti dans mon cœur surgir en ce moment Je ne sais quel étrange et doux pressentiment.

Si notre Tom vivait, il serait de son âge ,

Me suis-je dit.

LE JUGE

Du ciel c’est peut-être l’ouvrage.

Qui sait ?

Entre LE FILS, conduit parle constable.

le juge, continuant.

Quel est tou nom?

m LE CRITIQUE

LE FILS

Tom Jenkins. Le destin M'a tout ravi sut terre, et je suis orphelin.

LE JUGE

As-tu de tes parens eu quelque connaissance T *

LE FILS

Un pêcheur fut, dit-on, l’auteur de mâ naissance.

C’était à Rochester qu’il demeurait, je crois.

POUF

Comment donc, mon cher, mais vous oubliez le récit de votre naissance, de votre famille, de votre éducation.

LE FILS

Ils l’ont décidé ainsi, monsieur.

POUF

Oh! oh!

t’ÉPOt'SE. j

Quel trouble me saisit ! au son de cette voit , »

Combien je sens vibrer la fibre maternelle 1 N’avait-il que ce nom î ' mr

, , LE FILS

De lui je me rappelle

Avoir vu, certain jour, un billet au portèttr,

Signé Tomkitu.

Ceci èonflrfùé avec bonheur Tout ce que nous a dit là bohémienne. ' — Espère.

Tu n’es point orphelin ; c’est moi qui suis ton père.

Voilà ta mère ; ici , tes oncles, teS cousins ;

Reconnais ta famille , et rends grâce aux destins. l'épouse.

O doux ravissement 1 ' -,

LÉ FILS

Heureux jour!

LE JUGE

Quelle joie 1

Us se Jettent dans les bras l'un deTauire, et y restent quelque temps immobiles.

* fFjft

POUF

Vous voyez que la parëhtê est comme l’élsiftsMfiàti tin jour ou l’autre elle se révèle.

LE JUGE

Respirons ; le bonheur où notre âme se noie ,

Trop intense et trop vif , pourrait nous emporter.

Suis-nous ; de point en point je te veux tout conter Viens prendre du repos et quelque nourriture;

Et puissent comme moi , bénissant la nature,

-tfr

Page 1