DEI.ACRE
Le voici : comme je sais que vous connaissez le drôle, je vous prie d’aller le trouver de ma part, et de lui remettre ce défi a mort.
LE CAPITAINE
Bien; donnez-le-moi, et je vous promets qu'il l’aura.
DELACRE.
Je vous remercie, mon bon ami, mon cher Jack ; mais je crains que cela ne vous dérange.
Pas le moins du monde; — ne parlez pas de cela, je vous prie. Cela ne me dérange en aucune manière, je vous assure.
DELACRE.
Vous êtes bien bon. — Ce que c’est que d’avoir un ami 1 — Vous conviendrait-il d’être mon second? le voulez-vous, Jack ?
CE CAPITAINE
Non, Robert, non ; pas dans cette affaire; cela ne serait pas tout-à-fait convenable.
DELACRE.
Eh bien ! je m’adresserai à mon ami sir Lucius. Dans tous les cas, vous ferez des voeux pour moi, Jack !
LE CAPITAINE
Oui , croyez-moi , si jamais vous vous trouvez tous deux eu présence.
Entre UN DOMESTIQUE.
LE DOMESTIQUE
Sir Ântony Absolu est en bas, et demande le Capitaine.
LE CAPITAINE
J’y vais a l’instant.
Le domestique sort.
le capitaine, continuant.
Allons, mon petit héros, je vous souhaita bonne chance.
Il fait quelques pas pour s’éloigner.
DELACRE.
Arrêtez , Jack , arrêtez. Si Béverley vous demande quelle espèce d’homme est votre ami Delâcre , dites-lui que je suis un diable fieffé, — entendez-vous, Jack.
LE CAPITAINE
Je n’y manquerai pas. Je dirai que vous êtes un déterminé, un sacripant. — Soyez tranquille, Robert.
LES ni VAUX.
DELACRE.
Oui, dites, dites ; et si cela lui fait peur, pardieu, il est possible qu'il ne vienne pas. En conséquence, dites-lui qu'habituellement je tue mon homme tous les huit jours ; dites-lui éela , Jack.
LF. CAPITAINE.
Je le lui dirai, je le lui dirai ; j’ajouterai que dans le pays on ne yous désigne que sous le nom de « Robert le Bretteur. »
DELACRE.
Trcs-bien, très-bien, — c’est pour empêcher qu’il n’arrive des malheurs ; car, pourvu que je lave mon honneur, je ne demande pas sa vie.
LE CAPITAINE
Non ! — C’est bien bon de votre part.
DELACRE.
Jack, vous n’exigez pas sans doute que je le tue?
Non , sur ma parole , je ne l’exige pas. Allons, je dirai que vous êtes un diable fieffé, n’est-ce pas ?
Il fait quelque» pas pour s'éloigner.
DELACRE.
C’est cela , c’est cela ; mais un mot encore, un mot encore , Jack. — Vous pouvez ajouter que vous ne m’avez jamais vu dans une pareille fureur, que je suis dans une rage.dévorante.
LE CAPITAINE
Je le dirai, je le dirai.
DELACRE.
Rappelez-vous, Jack, — un déterminé, un sacripant.
LE CAPITAINE
Oui, oui, « Robert le Bretteur. a
Us sortent.