‹ Œuvres de Spinoza (volume 2)Chapitre 83 sur 126 · chapitre; I · texte numérisé non relu

chapitre; I

Note I (page 1 5 de la traduction). — Les mots hébreux qui signi" fient prophète, prophétie^ ont été bien entendus parR. Salomon Jaschi, mais mal traduits par Âben-Hezra, qui était loin d'être aussi versé dans l'intelligence de la langue hébraïque. Il faut remarquer également ici que le mot hébreu qui répond à prophétie a une signification générale, et comprend toute façon quelconque de prophétiser. Les autres mots qui ont à peu près le même sens sont plus particuliers et marquent tel ou tel genre de prophétie. C'est ce que les doctes savent parfaitement *.

Note II (page 1 6 de la traduction). — Quoique la science naturelle soit divine, il ne s* ensuit pas cependant que ceux qni renseignent soient autant de prophètes, c'est-à-dire autant d'interprètes de Dieu. Celui-là seul, en effet, est interprète de Dieu qui découvre les décrets divins que Dieu même lui a révélés à ceux qui n'ont pas reçu cette révélation et dont la croyance n'a, par conséquent, d'autre appui que l'autorité du prophète et la confiance qu'elle inspire. S'il en était autrement, si les hommes qui entendent les prophètes devenaient prophètes euxmêmes, comme deviennent philosophes ceux qui entendent les philosophes, le prophète cesserait alors d'être l'interprète des décrets divins, puisque ceux qui entendraient sa parole en connaîtraient la vérité, non sur la foi du prophète, mais par une révélation toute divine, comme la sienne, et par un témoignage intérieur. C'est ainsi que le souverain.

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