‹ Œuvres de Spinoza (volume 2)Chapitre 98 sur 126 · I. Voyez Éthique^ part. 3 et · texte numérisé non relu

I. Voyez Éthique^ part. 3 et

dompté jusqu'aux passions mêmes et qu^e lliomme. gît languissant, ou encore dans les temples, parce qu'on n'y pense plus au commerce ^ au gain; mais au forum et à la cour, où cette influence serait surtout nécessaire, elle ne se fait plus seiitir. J'ai également montré que, si la raison peut beaucoup pour réprimer et modérer les passions, la voie qu'elle montre à l'homme est des plus ardues ^ en sorte qne, s'imaginer qu'on amènera la mul« titude ou ceux qui saot engagés dans les luttes de la vie publique à régler leur conduite sur les seuls préceptes de la raison, c'est rêver l'âge d'or et se payer de chimères. '

, 6. L'État sera donc très^eu stable, lorsque son salut dépendra de rhouiiêteté d'un individu et que les affaires ne pourront y être bien conduites qu'à condition d'être dans des mains honnêtes. Pour qu'il puisse durer, il faut que les affaires publiques y soient ordonnées de teUe sorte que ceux qui les manient, soit que la raison, soit que la passion les fasse agir, ne puissent être tentés d'être de mauvaise foi et de mal ffidre. Car peu importe, quant à la sécurité de l'État, que ce soit par tel ou tel motif que les gouvernants administrent bien les affaires, pourvu que les affaires soient bien administrées. La liberté ou la force de l'âme est la vertu des particuliers; mais la vertu de l'État, c'est la sécurité.

7. Enfin, comme les hommes, barbares ou dvilisés, s'unissent partout entre eux et forment une certaine société civile , il s'ensuit que ce n'est point aux maximes de la raison qu'il faut demander les principes et les fondements naturels de l'État, maïs qu'il faut les déduire de la nature et de la condition commune de rbnmanité; et c'est ce que j'ai entrepris de faire au chapitre suivant.

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