CHAPITRE I
Note I ( page 07 de la traduction). — - Les mots hébreux qui signifient prophète, prophétie , ont été bien entendus par R. Salomon Jasclii, mais mal traduits par Aben-Hezra, qui était loin d’être aussi versé dans l’intelligence de la langue hébraïque. Il faut remarquer également ici que le mot hébreu qni répond à prophétie a une signification générale, et comprend toute façon quelconque de prophétiser. Les autres mots qui ont à peu près le même sens sont plus particuliers, et marquent tel ou tel genre de prophétie. C’est ce que les doctes savent parfaitement*.
Note II (page G8 de la traduction). — Quoique la science naturelle soit divine, il ne s’ensuit pas cependant que ceux qui l'enseignent soient autant de prophètes, c’est-à-dire autant d’interprètes de Dieu. Celui-là seul, en effet, est interprète de Dieu qui découvre les décrets divins, que Dieu même lui a révélés, à ceux qui n’ont pas reçu cette révélation, et dont la croyance n’a, par conséquent, d’autre appui que l’autorité du prophète et la confiance qu’elle inspire. S’il en était autrement , si les hommes qui enteudent les prophètes devenaient prophètes
1. Sur les Notes marginales, voyez la notice biographique dont j’ai fait précéder la traduction du Traité Thiologico-Politique.
2. Je dois prévenir ici le lecteur qu’il m’a été impossible , ne sachant pas l’hébreu, de traduire complètement et littéralement deux ou trois notes de Spinoza, qui s’adressent surtout aux hébraïsants. En pareil cas j'ai tâché seulement de. ne pas m’écarter du sens général de la note , aimant mieux omettre une ligue que de l’entendre mal.
NOTES MARGINALES
eux-mêmes, comme deviennent pliilosophes reux qui entendent les philosophes, le prophète cesserait alors d’ètre l’interprète des décrets divins puisque ceux qui entendraient sa parole en connaîtraient la vérité, non sur la foi du prophète, mais par une révélation toute divine, comme la sienne, et par un témoignage intérieur. C’est ainsi que le souverain, dans un État, est l’interprète du droit, parce que son autorité seule le défend, et que son seul témoignage l’établit.
Note lit (page 70 de la traduction). — Partout où il voulait l entendre ; lisez: Toutes les fois qu’il voulait l’entendre.
Note IV (page 81 de la traduction). — Les prophètes se distinguaient par une vertu singulière et au-dessus du commun. Bien qu il y ait des hommes doués de certains avantages que la nature a refusés à tous les autres, on ne dit pas que ces hommes soient au-dessus de la nature humaine; car il faudrait pour cela que les qualités qu’ils ont en propre ne fus-ent pas comprises dans l’essence ou la définition de l’humamte. I ne taille de géant, par exemple, voilà une chose rare, mais tout humaine. De même, c’est un talent peu commun que celui d’improviser des vers ; mais il n’y a rien là qui surpasse l’homme. J’en dirai autant, par conséquent, de cette propriété qu’ont quelques individus de se représenter certains objets par l’imagination , je ne dis pas en donnant , mais les yeux ouverts , d’une manière aussi vive que si ces objets étaient devant eux. Que s’il se rencontrait une personne qui possédât daulies moyens de percevoir que les nôtres et un autre mode de connaissance, il faudrait dire alors, sans contredit, qu’elle est au-dessus des limites imposées à la nature humaine.
Note V ( page 104 de la traduction). — Nous ne voyons pas que Dieu ait promis autre chose aux patriarches.
Au chapitre xv de la Genèse, Dieu promet à Abraham d’être son défensenr et de lui donner d’amples recompenses. Abraham répond qu il ne peut plus rien attendre qui ait quelque prix à ses yeux, puisqu’il est sans enfants à un âge très-avancé.
Note VI ( page 105 de la traduction ). — Tout ce qui a pu être promis aux Hébreux.... c’est donc la securité de la vie