‹ Œuvres de Spinoza (volume 3)Chapitre 57 sur 136 · SUR LE TRAITÉ THÉ0L0GIC0-P0L1TIQUE · texte numérisé non relu

SUR LE TRAITÉ THÉ0L0GIC0-P0L1TIQUE

Du reste les annotations publiées par M. Dorovv ne diffèrent qu’en quelques endroits de celles qu’a données de Murr. Celles-ci sont probablement les premières que Spinoza ait écrites, et il est vraisemblable qu'il les copia plus tard, en les modifiant, sur un autre exemplaire destiné à un de ses amis. L'exemplaire de Kœnigsberg porte en effet sur la première page ces mots visiblement tracés de la main de Spinoza : Nobilissimo D" D° Jacobo Statio Klematm, dono D. Auctor, et nonnullis notis illustravit , Masque propria manu scripsit die 25 julii anno 1676.

Le Theologico-politicus est le seul ouvrage de Spinoza qui ait été traduit en français jusqu'à ce jour. Encore est-il difficile de considérer comme une traduction véritable l’ébauche grossièrement infidèle attribuée par les uns * au médecin Lucas de La Haye ; par les autres * au sieur de Saint- Glain, capitaine au service des États de Hollande.

Nous avons eu celte traduction sous les yeux en faisant la nôtre, et nous pouvons affirmer qu’il ne s’y rencontre pas une seule page sans erreur grave ou sans contre-sens.

Elle parut d’abord sous ce titre :

La Clef du sanctuaire , par un savant homme de notre siècle; avec celte épigraphe : « Là où est l’esprit de Dieu, là est la liberté. » (Épit. Il aux Corinth., ch. 3, vers. 17). — Leyde, 1678, in-12. 531 pages.

On intitula ensuite cette traduction : Traitté (sic) des cérémonies superstitieuses des juifs tant anciens que modernes. Amsterdam , chez Jacob Smith , 1 678 , ou bien : Réflexions curieuses d'un esprit des-interressé (sic) sur les matières les plus importantes au salut tant public que particulier . A Cologne, chez Claude Emmanuel, 1 678.

1. Brucker (Hist. crit., philos., t. iv, part. 2, p. G91I et Reimann ( Biblioth . calai, crit., p. 1029| attribuent cette traduction à Lucas, médecin de La Haye , ami de Spinoza et son biographe. Voyez sur ce point Bayle, Lettres, XXVII' lettre, p. 119; et les Nouvelles littéraires, t. X, part. 1, p. 60.

2. Niceron ( Mémoires pour servir à l'hisl., etc., t. XIII, p. 46 sqq.) et des Maizeaux (Notes sur les lettres de Bayle. Voir Bayle, Œuvres diverses, 1731, t. iv, lettre XXXIlIl prouvent fort bien que la traduction dont il s'agit est du sieur de Saint-Glain, Angevin, auteur de la Gazelle d'Amsterdam , qui abandonna le calvinisme pour se faire l'ami et le disciple de Spinoza. — Voyez Paulus , 1. I. p. 13 sqq., et Th. de Murr, I. I.

NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE

Ce ne sont pas là trois éditions de l’ouvrage; mais une seule et même édition, où le premier feuillet seul est changé.

Ou trouve, à la fin du volume, des Remarques curieuses et nécessaires pour i intelligence de ce livre. C’est là la première édition de ces notes marginales de Spinoza dont nous avons parlé ci-dessus , mais tellement défigurées par. le sieur deSaint-Glain qu’on a de la peine , maintenant que l’original est publié , à le reconnaître dans cette incroyable traduction.

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