‹ Œuvres de SpinozaChapitre 146 sur 204 · V. Le Vide est l'étendue sans substance corporelle · texte numérisé non relu

V. Le Vide est l'étendue sans substance corporelle

VI. Entre V Espace et l'étendue nous ne concevons qu'une distinction de raison, c'est-à-dire qu'il n'en est pas réellement distinct. Lire P/7«cï/)es, partie II, art. 10.

VII. Nous appelons divisible au moins en puissance ce que nous connaissons par la pensée pouvoir être divisé.

VHI. Le mouvement dans Vespace est le transport d'une partie de la matière, c'est-à-dire d'un corps, du voisinage des corps qui le touchent immédiatement et

sont considérés comme immobiles, dans le voisinage d'autres corps.

Descartes use de cette de'finition pour expliquer le mouvement dans V espace; pour la bien entendre il faut considérer :

1° Que par partie de la matière il entend tout ce qui peut être transporté à la fois^ encore que cela même puisse être à son tour compose' de beaucoup de parties;

2° Que pour éviter la confusion dans cette de finition^ il parle seulement de ce qui est toujours dans la chose mobile, à savoir le transport, qui ne doit pas être confondu, comme il Va été par d'autres, avec la force ou faction qui transporte. On croit communément que cette force ou cette action est requise seulement pour le mouvement non pour le repos, en quoi l'on se trompe entièrement. Car, ainsi quil se connaît de soi, la même force qui est requise pour imprimer à un corps quelconque certains degrés de mouvement Vest aussi pour enlever à ce corps les Tnêmes degrés de mouvement, de façon qu'il vienne au repos. Cela est même prouvé par t expérience , car il nous faut pour mettre en m,ouvement un navire au repos dans une eau stagnante une force à peu près égale à celle dont nous avons besoin pour V arrêter brusquement quand il se meut; et V égalité serait assurément complète si nous n'étions aidés pour le retenir par la pesanteur et l'inertie de l'eau soulevée par le navire;

3° Qu'il dit que le transport se fait du voisinage des corps contigus dans le voisinage d autres corps, mais non d'un lieu dans un autre. Car le lieu {comme il l'a expliqué article i3, partiell) n'est j'i^s quelque chose de réelmais dépend seulement de notre pensée, de telle sorte que le même corps peut être dit à la fois changer et ne pas

FiG. 1.

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