‹ Œuvres de SpinozaChapitre 147 sur 204 · DEUXIÈME PARTIE 3S · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE 3S

changer de lieu; mais on «e peut dire quil est à la fois transporte' et non transporté du voisinage d'un corps contigu; car seids certains corps déterminés peuvent être au même instant contigus au même corps mobile / 4° Qiiil ne dit pas que le transport ait lieu absolitment du voisinage des corps contigus^ mais de ceux-là seulement qui sont considérés comme étant au repos. Pour quun corps A, en effets soit transporté à distance d'un corps B, la même force est nécessaire d'un coté que de Vautre, ce quiapparait clairement par Vexemple d'un bateau adhérent à la boue ou au sable qui sont au fond de Veau; pour qu'il en soit détaché il faut appliquer la même force au bateau et au fond. Pour celte raison la force qui doit mouvoir des corps se dépense également sur le corps mû et sur celui qui reste immobile. Le transport d'ailleurs est réciproque^ car si le bateau est éloigné du sable, le sable aussi est éloigné du bateau. Si donc, parlant absolument, nous voulions attribuer des mouvem,ents égaux dans des directicms opposées à Vun comme à Vautre des deux corps qui se séparent, pour cette raison qu'il y a la même action dans Vun et dans Vautre, nous serions alors contraints d'attribuer tout autant de mouvemement aux corps considérés comme immobiles^ par exemple au sable duquel le bateau est détaché, qu'aux corps mus; car^ ai)isi que nous Vavons montré^ la même action est requise des deux côtés elle transport est réciproque. Mavi cela serait se trop écarter de la façon commune de parler. Toutefois, bien que ces corps desquels les autres ^ont séparés, soient considérés comme immobiles et

ainsi dénommés ^ nous nous î'ajypellerons cependant que tout ce qui est dans le corps mû, à cause de quoi il est dit se mouvoir, est aussi dans le corps immobile.

5" Enfin il apparaît clairement 2Mr cette Définition que chaque corps a seulement un mouvement qui lui soit propre parce quon le conçoit comme s'éloignant seulement de certains corps déterminés à lui contigus et immobiles. Toutefois^ si le corps mû est une partie d'autres corps ayant d'autres mouvements, nous connaissons clairement qu'il peut avoir part à des mouvements innombrables / mais comme il n'est pas facile d'en concevoir à la fois une telle quantité et que tous ne peuve7it même pas être reconnus, il suffira de considerer dans chaque corps cet unique piouvement qui lui est propre ( Voir Principes, partie II, art. 31).

IX. Par cercle de corjjs mus nous entendons seulement ce qui se produit quand le dernier corps mû par l'impulsion d'un autre est immédiatement contigu au premier, encore que la figure formée par tous les corps sous l'impulsion d'un même mouvement soit très sinueuse [fig. 2).

AXIOMES

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