‹ Œuvres de SpinozaChapitre 16 sur 204 · I. — A priori de la façon suivante · texte numérisé non relu

I. — A priori de la façon suivante

/" Tout ce que nous connaissons clairement et distinctement comme appartenant à la nature ' d'une chose, nous pouvons aussi l'affirmer avec vérité de la chose.

Or, que l'existence appartient à la nature de Dieu, nous pouvons le percevoir clairement et distinctement.

Donc :

(2) 2^ Ou encore ainsi : les essences des choses sont de toute éternité et resteront immuables dans toute l'éternité.

L'existence de Dieu est essence ".

Donc-" :

(3) II. — A posteriori de la façon suivante :

1. Entendez : cette nature déterminée par quoi la chose est ce (|u'cHe est, et qui ne peut en être en aucune fa(;on séparée, sans que la chose elle-même soit aussitôt anéantie; c'est ainsi qu'il appartient par exemple à l'essence d'une montagne d'avoir une vallée, ou que l'essence d'une montagne consiste en ce qu'elle a une vallée, ce qui est une vérité éternelle et immuable et doit toujours être dans le concept d'une montagne, même si elle n'a jamais existé ni n'existe.

» Ciinformc au texte hollandais ; voir noti^ explicative.

44 COURT TRAITJ;

Si rhomme a une idée de Dieu, Dieu doit exister formellement.

Or riiomme a une idée de Dieu.

Donc :

(4) Le premier point se démontre ainsi :

Si une idée de Dieu est donnée, la cause de cette idée doit exister formellement et contenir en elle tout ce que ridée contient objectivement.

Or une idée de Dieu est donnée.

Donc :

(5) Pour démontrer maintenant la première partie de cet argument nous posons les principes suivants savoir :

1° Que les choses connaissables sont infinies ; 2° Qu'un entendement fini ne peut concevoir Tinfini ; 5' Qu'un entendement fini ne peut par lui-même rien connaître, à moins qu'il ne soit déterminé du dehors .

2. De la définition donnée ci-après dans le second chapitre , d'après laquelle Dieu a des attributs infinis, nous pouvons tirer la démonstration suivante: tout ce que nous voyons clairement et distinctement qui appartient à la nature d'une chose, nous pouvons l'affirmer avec vérité de la chose.

Or, à la nature d'un être qui a des attributs infinis appartient un attribut qui est Etre.

Donc :

Dire maintenant à ce sujet : cela peut bien s'affirmer de l'idée non de la chose elle-mC-me, est faux, car l'idée [de la chose et] aussi de l'attribut qui appartient à cette chose n'existe pas matériellement : de façon que ce qui est affirmé [de l'idée] n'appartient ni à la chose elle-même, ni à [l'attribut] qui en est affirmé; il y a donc une grande différence entre l'idée et son objet. Et par suite, ce qu'on affirme de la chose, on ne l'affirme pas de l'idée, et vice versa **.

* Dans l'édition van Vloten et Land, ce renvoi à la note 2 se trouve plus bas, dans l'en mcé de l'argument a posteriori.

** J'ai dû, pour donner un sens à ce passage, ajouter les mots mis entre crochets; je lai fait en partie d'après l'indication donnée par Freudenthal ; voir note explicntive.

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