DEUXIÈME PARTIE
petite qu'elle fût, mais ne pourrait Tètre que par une force capable au moins de mouvoir avec elle les corps touchant A.imméd\a.lement{parV Axiome 20, partie II). En outre, si les corps dont A est entouré étaient mus par une force plus grande d'un côté que d'un autre, disons de B vers C que de C vers B, comme il est entouré de toutes parts de corps en mouvement [ainsi que nous Vavons déjà dcinontre'), il arriverait nécessairement que les corps se mouvant de B vers C entraîneraient avec eux le corps A [par ce que nous avons démontre' Proposition 33). Et ainsi une force, quelque petite qu'elle fût, ne suffirait pas à mouvoir A vers B, mais elle devrait être assez grande pour compenser l'excès de mouvement des corps venant de B vers C {par V Axiome ÎLO) ; donc les corps entourant A doivent se mouvoir avec une force égale de tous les côtés.
SCOLIE
Comme ce que nous avons supposé se trouve advenir pour les corps appelés Fluides, il s'ensuit que les corps fluides sont ceux qui sont divisés en un grand nombre de petites particules mues avec une force égale de tous les côtés. Et bien que ces particules ne puissent être aperçues par aucun œil, fût-il d'un lynx, il ne faut cependant pas nier ce que nous avons démontré clairement. Car, par ce qui a été dit dans les Propositions 10 et 1 1 , nous sommes déjà parvenus à établir une subtilité de la Nature telle que notre pensée (pour ne rien dire des sens) ne peut la délimiter ni l'atteindre. Déplus, comme il est assez certain par ce qui précède que les corps résistent aux autres corps, par leur repos seulement,
et que dans la dureté, ainsi que les sens l'indiquent, nous ne percevons rien d'autre sinon que les parties des corps durs résistent au mouvement de nos mains, nous concluons clairement que les corps durs sont ceux dont toutes les particules sont en repos les unes à l'égard des autres. Lire Articles 54, 55, 56, partie II des Principes.