‹ Œuvres de SpinozaChapitre 179 sur 204 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

De t Eternité de Dieu

Division des substances. — Nous avons déjà montré qu'il n'existe rien dans la Nature des choses en dehors des substances et de leurs modes ; on ne doit donc pas s'attendre ici à ce que nous disions rien des formes substantielles et des accidents réels; car toutes ces choses, comme d'autres de même farine, sont complètement ineptes. Nous avons ensuite divisé les subs-

■]-. La traduction hollandaise contient en plus celle indication. Dans celle partie Vexislence de Dieu est expliquée tout autrement que le.<i hommes ne Ventendenl communément, car ils confondent Vexislence de Dieu avec la leur propre, d'où il résulte qu'ils s'imaginent que Dieu est quelque chose comme un homme, et ne prennent pas garde à Vidée vraie de Dieu qui est en eux, ou ignorent complètement qiVils la possèdent; et de là suit encore

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tances en deux genres suprêmes, savoir rÉtenduc et la Pensée, et la pensée en pensée créée, c'est-à-dire l'âme humaine, et incréée, c'es-à-dire Dieu. Nous avons d'ailleurs suffisamment démontré plus haut l'existence de Dieu tant a posteriori^ c'est-à-dire par l'idée que nous avons de lui, qu'« prioi-i^ c'est-à-dire par son essence prise comme cause de son existence. Mais, ayant traité de quelques-uns de ses attributs plus brièvement que ne le réclame Fimportance du sujet, nous avons décidé de les reprendre ici, de les expliquer avec plus de développement et de résoudre certaines difficultés.

Aucune durée n'appartient à Dieu. — L'attribut principal qu'il faut considérer avant tous les autres est Y Eternité de Dieu par où nous expliquons sa durée; ou plutôt, pour n'attribuer à Dieu aucune durée nous disons qu'il est éternel. Car, ainsi que nous l'avons noté dans la première partie, la durée est une affection de l'existence, non de l'essence. Ainsi nous ne pouvons attribuer aucune durée à Dieu, son existence étant de son essence. Attribuer à Dieu la durée, c'est distinguer en effet son existence de son essence. Il y en a cependant qui demandent si Dieu n'a pas une existence plus longue maintenant que lorsqu'il a créé Adam et, cela leur paraissant assez clair, ils estiment ne devoir en aucune façon retirer à Dieu la Durée. Mais

qu'ils ne peuvent démontrer V existence de Dieu ni a priori, c'està-dire par la vraie définition de son essence, ni a posteriori c'està-dire en tant qu'ils en ont Vidée; et qu'ils ne peuvent pas non plus concevoir cette existence. Nous nous efforcerons donc dans celte partie de faire voir, aussi clairement qu'il se pourra, que l'eixstence de Dieu est entièrement différente de celle des choses créées.

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