PREMIÈRE PARTIE
lement, mais que ce n'est pas éminemment quelliomme a cette idée]* car rien de plus réel ou de plus excellent ne peut exister en dehors et au-dessus de Dieu.
l9) Que maintenant l'homme a lidée de Dieu, cela suit clairement de ce qu'il connaît ses attributs', lesquels attributs il ne peut produire de lui-même parce
fois quant à lessence et à l'existence. De même aussi et encore t>ien davantage, je trouve que cela est vrai relativement à cette troisième et unique idée. Et non seulement cela : qu'elle ne dépend pas de moi, mais que lui seul [Dieu] doit être le sujet dece que jafGrme de lui : de sorte que. sil n'existait pas. je ne pourrais absolument rien affirmer de lui, comme je fais à l'égard des autres choses, encore bien qu'elles n'existent pas. Et je trouve aussi qu'il doit être le sujet de toutes les autres choses.
Outre qu'il suit déjà clairement de ce qui précède que l'idée d'attributs infinis, inhérents à un être parfait, n'est pas une fiction, nous ajouterons encore ce qui suit:
Après avoir réfléchi sur la Nature, nous n'avons pu trouver en elle jusqu'ici que deux attributs qui appartinssent à cet être souverainement parfait. Et ces attributs ne sont pas sufflsantsà nous contenter : loin que nous les jugions les seuls dans lesquels doive consister cet être parfait, au contraire, nous trouvons en nous quelque chose qui nous révèle clairement l'existence non seulement d'un plus grand nombre, mais encore d'une infinité d'attributs parfaits devant appartenir à cet être parfait avant qu'il puisse être dit parfait. Et d'où vient cette.idée de perfection ?
Ce quelque chose ne peut venir de ces deux attributs, attendu que deux ne font que deux et non une infinité ; d'où donc alors vient-il? Non de moi, certainement, ou il faudrait alors que je pusse donner ce que je n'ai pas. D'où donc enfin, sinon des attributs infinis qui nous disent qu'ils sont, sans nous dire en même temps ce qu'ils sont ; car de deux seulement nous savons ce qu'ils sont ?
4. Ses atltibuls : mieux vaudrait dire : de ce qu'il connaît, ce qui est propre à Dieu; car ces choses [telles qu'infinité, perfection, immutabilité] ne sont pas des attributs de Dieu. Sans elles, il la vérité. Dieu n'est pas un Dieu, mais il ne l'est point par
* En ajoutant les mois mis entre crochets, j'essaie, d'apr<;s une indication donnée par Freinienthal, de faire disparaître de ce jKu^sage une absurdité. Je le conipicmls ainsi: en casque l'homme eût éminemment l'idée de Dieu, c'est-à-dire fût capable de la produire de lui-même, il y aurait en lai plus de perfection qu'en Dieu.
qu'il est imparfait. Que, d'ailleurs, il connaît ces attributs, cela se voit à ce qu'il sait que l'infini ne peut pas être composé de parties finies distinctes; qu'il ne peut pas y avoir deux infinis mais un seul; que cet infini est parfait et immuable ; car il [l'homme] sait bien qu'aucune chose ne cherche d'elle-même son propre anéantissement et qu'il [l'être infini] ne peut se changer^ enquelque chose de meilleur, puisqu'il est parfait et qu'ainsi il ne le serait plus ; il sait aussi qu'un tel être ne peut non plus être contraint par quelque chose qui viendrait du dehors, puisqu'il est tout-puissant, etc. (10) De tout cela suit donc clairement que l'on peut démontrer aussi bien a priori (\\x'a posteriori que Dieu est. Encore mieux a priori, car les choses qu'on démontre de l'autre façon, on doit les démontrer par leur cause extérieure, ce qui est une imperfection manifeste puisqu'elles ne peuvent se faire connaître par ellesmêmes, mais seulement par des causes extérieures. Dieu cependant, la cause première de toutes choses et aussi la cause de soi-même, se fait connaître luimême par lui-même. De peu de signification est donc cette parole de Thomas d'Aquin suivant laquelle Dieu ne peut pas être démontré a priori, et cela précisément parce qu'il n'a pas de cause.
elles, car elles ne font rien connaître qui existe substantiellement, mais sont seulement comme des adjectifs qui, pour être compris, exigent un substantif.
5. La cause de ce changement devrait être ou bien extérieure à lui ou bien en lui-même. Elle ne peut être extérieure, car aucune substance qui, comme lui, existe par soi, ne dépend de quoi que ce soit d'extérieur, et ne peut être contrainte au changement. Elle n'est pas en lui-même, car aucune chose, et cellelà moins qu'une autre, ne veut sa propre corruption: toute corruption vient du dehors.