DEUXIÈME PARTIE
L'omniprésence de Dieu ne peut être expliquée. — Pour que maintenant l'ubiquité de Dieu ou sa présence dans chaque chose pût être dûment entendue 7, il faudrait pouvoir pénétrer dans la nature intime de la volonté divine, celle par où il a créé les choses et procrée continûment leur existence; et comme cela dépasse la compréhension humaine, il est impossible d'expliquer comment Dieu est partout.
Quelques-uns tiennent pour triple mais à tort l'Immensité de Dieu. — Quelques uns admettent que Vlmmensité de Dieu est triple, à savoir l'immensité de l'essence, celle de la puissance et enfm de la présence; mais ceux-là disent des niaiseries, car ils ont l'air de distinguer entre l'essence de Dieu et sa puissance.
La puissance de Dieu ne se disting-ue pas de son essence. — D'autres le disent plus ouvertement, prétendant que Dieu est partout par sa puissance mais non par son essence; comme si vraiment la puissance de Dieu se distinguait de tous ses attributs, ou de son essence infinie, alors qu'elle ne peut être autre chose.
Si en effet elle était autre chose, ou bien elle serait une créature, ou bien quelque accident de l'essence divine, sans lequel cette essence pourrait être conçue ; et l'un et l'autre sont absurdes. Car, si elle était une créature, elle aurait besoin de la puissance de Dieu pour se conserver et ainsi il y aurait progrès à l'infini. Si elle était
7. La traduction hollandaise donne ici en marge cette indication : // faut observer ici que le Vulr^aire quand il dit que Dieu est partout, fait de lui comme un spectateur au théâtre; par où se voit clairement ce que nous disons à la fin de cette partie, à savoir que les hommes confondent entièrement la nature divine avec l'humaine.
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quelque chose d'accidentel, Dieu ne serait pas un être parfaitement simple, contrairement à ce que nous avons démontré plus haut.
L'omniprésence de Dieu ne se distingue pas non plus de son essence. — Enfin par Imrnensilë de la présence on semble vouloir dire aussi quelque chose d'autre que l'essence de Dieu, par laquelle ont été créées et sont continûment conservées les choses. Ce qui est certes une grande absurdité dans laquelle on est tombé, parce qu'on a confondu l'entendement de Dieu avec l'humain, et qu'on a comparé souvent sa puissance à celle des rois.