‹ Œuvres de SpinozaChapitre 187 sur 204 · CHAPITRE Vï · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vï

De la vie de Dieu

Ce que les philosophes entendent communément par vie. — Pour bien faire connaître cet attribut de Dieu, à savoir la vie, il est nécessaire que nous expliquions d'une manière générale ce qui est désigné en chaque chose par la vie. Et en premier lieu nous examinerons l'opinion des Péripatéticiens. Ces philosophes entendent par vie la persistance de Tâme nutritive avec la cAa^ewr ( voir Aristote, Traité de la respiration^ iivre I, chap. VIII.) Et, comme ils ont forgé trois âmes, savoir la végétative, la sensitive et la pensante, qu'ils attribuent seulement aux plantes, aux animaux et aux hommes, il s'ensuit, comme eux-mêmes l'avouent, que les autres êtres sont privés de vie. Et cependant ils n'osaient pas dire que les esprits et Dieu étaient sans Tie. Ils craignaient peut-être de tomber dans ce qui est le contraire de la vie et que, si les esprits et Dieu étaient «ans vie, ils ne fussent morts. C'est pourquoi Aristote dans la Métaphysique (livre XI, chapitre vu) donne encore une autre définition de la vie, particulière aux esprits, savoir : la vie est Vacte de Ventendement; et en ce sens il attribue la vie à Dieu qui perçoit par l'entendement et est acte pur. Nous ne nous fatiguerons guère à réfuter ces opinions; car, pour ce qui concerne

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