CHAPITRE XII
De Vdme humaine
Il nous faut passer maintenant à la substance créée que nous avons divisée en substance étendue et substance pensante. Par substance étendue nous entendions la matière ou la substance corporelle. Par substance pensante, seulement les âmes humaines.
Les Anges ne sont pas du domaine de la Métaphysique mais de celui de la Théologie. — Quoique les Anges soient aussi créés, n'étant point connus par la Lumière Naturelle, ils ne regardent pas la Métaphysique. Leur essence et leur existence ne sont connues que par Révélation et n'appartiennent donc qu'à la seule Théologie ; et la connaissance de cette dernière, étant tout autre que la connaissance naturelle et en différant totalement, ne doit nullement lui être mêlée. Que per- I. 28
sonne n'attende donc que nous disions ici quoi que ce soit des anges.
L'âme humaine ne vient point d'un intermédiaire mais est créée par Dieu ; nous ne savons à quel instant. — Kevenons donc aux âmes humaines desquelles nous avons maitenantpeu de choses à dire ; nous devons avertir seulem.ent ({ue nous n'avons rien dit du temps delà création de l'àme humaine, parce qu'on ne peut établir en quel temps Dieu la crée, puisqu'elle peut exister sans le corps. Ce qui est certain c'est qu'elle ne provient pas d'un intermédiaire, car cela a lieu seulement dans les choses qui sont engendrées, tels les modes d'une substance; tandis que la substance même ne peut être engendrée mais seulement créée parle seul Etre Omnipotent, comme nous l'avons démontré précédemment.
En quel sens l'âme umaine est hmortelle. — Pour ajouter quelque chose sur son immortalité, il est assez certain que nous ne pouvons dire d'aucune chose créée qu'il répugne à sa nature qu'elle soit détruite par la puissance de Dieu. Qui a, en effet, le pouvoir de créer une chose, a aussi celui de la détruire. Il faut ajouter, ce que nous avons suffisamment démontré, qu'aucune chose créée ne peut exister de sa nature, même un seul instant, mais est continûment produite par Dieu.
En quel sens elle est immortelle. — Bien qu'il en soit ainsi, nous voyons cependant clairement et distinctement que nous n'avons aucune idée par laquelle nous concevions la destruction d'une substance comme nous avons les idées de la corruption et de la génération des modes. Nous concevons clairement en effet, sitôt que