‹ Œuvres de SpinozaChapitre 201 sur 204 · Chapitre XI. — a) Voir ci-dessus, chap. x, note b · texte numérisé non relu

Chapitre XI. — a) Voir ci-dessus, chap. x, note b

On remarquera que VEthique (I, Prop. 17. Scolie) reproduit la parole concernant la science de Dieu qui ressemble à la science humaine comme le chien signe céleste ressemble au chien aboyant et peut-être moins encore (cf. Principes de la Pfi. de Desc, I, Prop. 12, corol. 3).

/)) Bien que Spinoza dans le dernier paragraphe donne comme sienne la division qu'il propose des attributs de Dieu, elle n'est nullement spinoziste (quand il exposera sa propre doctrine comme dans le Cowt Traité il distinguera les véritables attributs qui ont une e.xistence substantielle comme la pensée et l'étendue des propres) ; la division qui se trouve indiquée ici est empruntée à Martini (Melaphys., p. 809) : le mot essence agissante (^actuosa essentia) correspond au.x attributs appelés £Vcpvr,Tt/.i par cet auteur. Ceux qui exposent une manière d'être propre à Dieu sont nommés «T-jTraT'.xi par Martini. Cf. Heereboord Melelemata (p. 964) : attributa operatiua : puissance, volonté création, etc.; et non operaliva : éternité, unité, etc. Ces derniers appartiennent à Dieu sans avoir égard aux choses qu'il produit; ce sont donc des dénominations intrinsèques suivant la terminologie de Spinoza (voir Ethique, II, déf. 4 et la note explicative relative au Court Traité, I, chap. ii, g 29); les autres attributs sont des dénominations extrinsèques.

Chapitre XII. —a) La doctrine suivant laquelle l'âme humaine est créée par Dieu, non engendrée comme le corps, est dans saint Thomas {Contra gentiles, II, c. 84, S5;Summa theol., 1, qucBstio 118, art. 2), dans Heereboord {Meleteinata, p. 63) et dans beaucoup d'autres. Sur la différence entre la création et la génération, cf. Court Traité {}, chap. ii, note 3).

b) Comme l'indique Spinoza au paragraphe 5, plusieurs théologiens et philosophes du moyen âge, entre autres saint Thomas (Summa theol., 111. qucestio 4, art. 2); et Albert le Grand [Summa theologiae, liv. I, t. 19, qu. 78, art. 2) avaient distingué entre le surnaturel et le contre-nature, et considéré le miracle comme conforme et non contraire à des lois d'ordre supérieur.

c) On observera que la définition donnée de la volonté au paragraphe 8 se ramène à celle que dans l'Ethique Spinoza donnera de l'action (partie III, déf. 2) et, quand nous agissons, c'est-à dire quand notre àme est cause adéquate des pensées qu'elle forme, nous sommes libres au sens spinoziste du mot. Spinoza, tout en ayant l'air de suivre Descartes et en le citant aux paragraphes suivants, ne dit rien, en somme, dans tout ce passage qui soit contre sa propre pensée. Il ne dit pas que le pouvoir d'affirmer (volonté) soit distinct du pouvoir de former des idées (entendement), et, s'il affirme que l'âme est libre,

c'est en tant qu'elle est chose pensante (active), ce qui peut s'entendre dans un sens très spinoziste.

d) On peut rapprocher ce que dit ici Spinoza de l'appétit et de la volonté, de ce qu'il dit du désir et de la volonté dans le Court Traité (II, chap. xvii). La formule latine voluntas appetitus sub ratione boni n'est pas, à proprement parler, traduite d'Aristote. D'après Trendelenburg (Hislorische Beitràge zur Philosophie, III, p. 346), le passage d'Aristote qui s'en rapproche le plus serait le suivant : 's'att ôs y) \ù.\ po'jXrjati; [xsTà À6you ops^tç (XYaôoû ' oûSei; yâp po'jXîTat aXX'r^ ô-i av olriÔeiY) eTvat aYaÔôv • â'ÀOYot ô'opeÇctç opyiq xal £7ctOUi<xta. (Rhétorique,!, 10,1369, a, 2.) La volonté est un désir rationnel du bien, car personne ne veut autre chose que ce qu'il croit être bon; quant aux désirs irrationnels ce sont la colère et l'appétit (cf. Traité de Vâme, III, 10).

é) La remarque finale sur les accidents réels ne paraît guère se rattacher à ce qui précède. Freudenthal fait observer à ce sujet que, suivant le schème des Catégories d'Aristote, les auteurs scolastiques faisaient d'ordinaire suivre l'étude des substances de celle des accidents; pour Spinoza il n'y a pas, il l'a dit au commencementde la deuxièmepartie, d'accidents réels; il n'admet d'autres choses réelles que les substances et les modes (cf. Ethique, I, Prop. 4) ; il n'a pas non plus à s'inquiéter du dogme chrétien de la transsubstantiation qu'il rejette absolument, de même que celui de l'incarnation.

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