‹ Œuvres de SpinozaChapitre 200 sur 204 · SPINOZA · texte numérisé non relu

SPINOZA

Metaph.,

Jnat.

Disput.XXX

l. tl

Metaph. II

Pneumat. Il

Éternité.

latinité.

Nécessité.

Unité.

Uuite.

Simplicité.

Immensité.

Unité.

Simplicité.

Immensité.

Immensité.

Eternité.

Eternité.

Immutabilité

Immutabilité

Immutabilité et éternité.

Immutabilité

Immensité.

Immensité.

Simplicité.

Unité.

Simplicité.

Simplicité.

Eternité.

Vie.

Vie.

Vie.

Immutabilité

Béatitude.

Entendement.

Science.

Suffisance.

Vie et entendement.

Vie.

Volonté.

Volonté.

Entendement.

Volonté et puissance.

Science.

Puissance.

Omnipotence

Volonté.

Création.

Volonté.

to

Création.

Création.

Omnipotence

Concours.

Puissance.

Concours.

Création.

Décret.

Création.

Providence.

Conservation

Concours.

Chapitre I. — Nous avons enseigné précédemment, dit Spinoza, que rien n'existe clans la Nature en dehors des substances et des modes (cf. Ethique. 1, prop. 4. démonstration). Dans l'Ap» pendice du Court Traité, on trouve, comme je l'ai fait observer en note, toevallen et toevalligh (accident, accidentellement), au lieu de ivijzen et trijzelijk (mode, modalement), mais c'est vraisemblablement par la faute du traducteur hollandais.

Chapitre II. — a) Les deux arguments jugés sans valeur par Spinoza se trouvent dans Burgersdijck, Institutiones melaphysicae (liv. 1). Quelques-uns des philosophes juifs, que nous savons que Spinoza avait lus, ont fait également usage du premier, en particulier Maimonide {Moreh Sebuchim, I, chap. lxxv).

Le second, dans lequel on peut voir une forme de la preuve de l'existence de Dieu dite par les causes finales, est déjà en quelque manière dans Aristote {Métaphysique, livre XI, chap. x), et depuis a été constamment reproduit.

6) L'argument donné par Spinoza est de provenance scotiste

dit Freudenthal (cf. Duns Scot, Distincliones in quatuor lihros senle7iliarum, I, dist. 2, quaestio 3).

Chapitre III. — a) La façon d'entendre l'immensité et l'ubiquité de Dieu qui est combattue au deuxième paragraphe est en particulier celle de Burgersdijck {Instilutiones Melaphi/sicœ, p. 207), où se trouve à peu près textuellement l'argument reproduit par Spinoza.

h) Dans le troisième paragraphe, où Spinoza s'appuie sur le principe cher à Descartes, de la création continuée ou de la nécessité du concours divin, il parle à peu près le même langage que saint Thomas [Stwiina theologiae, 1, quœstio 8, art. 1). Même argumentation dans Suarez (Disput. XXX).

c) Au cinquième paragraphe, Spinoza combat la division en trois de l'immensité de Dieu. Celte division se trouve déjà dans Pierre Lombard [Senlenliamm liber 1. dist. 37), et a été développée par saint Thomas d'Aquin [Sunvna IheoL, I, quaest. 8^ art. 3. Cf. Heereboord, Meletemata, p. 138).

Cliapitre IV. — a) Le changement, dit Spinoza au troisième paragraphe, procède nécessairement de causes extérieures ou bien d'une cause intérieure. C'est un principe dont il fait usage en plusieurs endroits et, par exemple, dans le Court Traité (1, chap. II). On observera que Platon le formule déjà dans la République (II, 320 D).

h) Quelles sont ces divisions communes des changements que Spinoza déclare à la fin du chapitre qu'il omet à dessein ? Freudenthal cite Heereboord [Meletemata, p. 972) qui distingue le changement relatif à la substance, à l'essence, aux attributs et aux .nccidents et fait observer que Spinoza ne peut avoir en vue ces distinctions, puisque la division qu'il écarte se rapporte', dit-il, au seul changement de la matière. Suarez, d'autre part, exclut de Dieu le changement sous trois formes : perfectif, corruptif, diminutif. Peut-être Spinoza se réfère-t-il à cette distinction de Suarez. J'inclinerais cependant à croire qu'il s'agit du changement quantitatif, du changement qualitatif et du changement spatial, selon la doctrine d'Aristote.

Chapitre V. — a) Spinoza renvoie lui-même à Descartes qui, dans les Principe (f, art. 60 et suiv.), traite de la distinction réelle, de la modale et de la distinction de raison. Cette théorie est d'ailleurs beaucoup plus ancienne comme on peut le voir dans Heereboord [Melelemata (p. 320).

b) Sur la simplicité de Dieu et la conséquence qui s'en déduit selon Spinoza, voir Principes de la Philosophie de Descartes (I, Prop. 17 avec corollaire) et la note explicative. Du raisonne-

ment même qui sert à prouver la simplicité de Dieu il suit, on l'observera, que l'idée de substance a, dans l'esprit de Spinoza, une existence indépendante de celle de l'idée de Dieu et qu'elle est fogiqttement antérieure à cette dernière idée. La remarque a son prix pour l'étude des premières propositions de l'Ethique.

c) Ce fa/ras île distinctions faites par les péripatéticiens. et dont Spinoza parle avec mépris, se trouve, on l'observera, dans tous les auteurs scolastiques, aussi bien dans les anciens (saint Thomas) ou dans les Juifs (.Maïmonide) que dans les néo-scolastiques cf., en particulier, Heereboord, Meletemala. p. %i).

h) On peut rapprocher ce que dit ici Spinoza de la vie de Dieu du Court Traité I, chap. v. En tant qu'il est vie universelle (et individuelle) Dieu dure et en quelque manière devient (ef. la note relative au chapitre iv de la première partie]. On observera que c'est ici, et non dans le chapitre .\i, que Spinoza semble interpréter la théorie de la création continuée dans un sens panthéiste.

Chapitre VI. — a) Il me parait assez ^Taisemblable que Spinoza n'avait pas lu lui-mAme le chapitre de la Métaphysique d'Aristote auquel il renvoie et dans lequel se trouve la formule citée : r, -^xo voj i-nç.fz:3. ^wr,, du moins, son interprétation manque-t-elle non seulement de largeur mais d'exactitude, car Aristote en cet endroit ne veut pas définir la vie.

Chapitre "VU. — a) Tous les auteurs scolastiques anciens et récents, depuis Pierre Lombard et saint Thomas jusqu'à Burgersdijck et Heereboord, ont traité les questions qu'examine ici Spinoza. Pour ce qui concerne la connaissance des choses singulières, cf. Court Traité 'chap. vi, ^ ~\

b) Pour la question posée au dernier paragraphe, à savoir si ridée du monde est une en Dieu, elle est posée et résolue dans le sens de l'unité par un très grand nombre d'auteurs, alexandrins, scolastiques anciens et récents, arabes, juifs, etc. Quant à l'unité de la Nature affirmée par Spinoza dans ce passage (cf. ch. ix). c'est, depuis les Eléates, la vérité philosophique la plus répandue qui soit, bien que tous ne l'aient pas comprise de même. On aurait donc tort de vouloir retrouver dans cette fin du chapitre vu l'influence de Giordano Bruno et de la croire dirigée contre Descartes.

Chapitre VIII. — Le premier paragraphe de ce chapitre, plus que le dernier du précédent, nous semble avoir quelque chose fie proprement spinoziste ou de non cartésien ; de même le paragrajihe dans lequel Spinoza se prononce nettement pour la prédestination. La fin du chapitre peut être rapprochée du Traité Philosophico-politique.

Chapitre IX. — a) Au sujet de l'impiété reprochée dans le premier paragraphe à ceux qui discutent sur ce que Dieu peut et ce qu'il ne peut faire, cf. Heereboord [Melelemata, p. 31).

b) Les divisions de la puissance divine indiquées aux paragraphes 4, 5, 6, se retrouvent dans plusieurs auteurs scolastiques, saint Thomas {Summa fheol., l, quaestio 25, art. 5), Duns Scot {Ad Lojnb. Sent., I, q. 44), Suarez {Dispulatio XXX) etc., Elles ne sont pas dans Burgersdijck, dit Freudenthal, et Heereboord ne les maintient pas.

c) Les questions que Spinoza dit être communément posées au sujet de la puissance divine sont empruntées à Heereboord {Meletemata, p. 354). Elles remontent d'ailleurs pour la plupart à Pierre Lombard.

Chapitre X. — a) Les mots ex nihilo que Spinoza supprime de la définition de la création ont été souvent pris en etîet en un sens positif, comme si, par un ressouvenir de certaines doctrines de l'antiquité, on devait voir dans le non-être une sorte d'être, de matière première d'où Dieu tirerait toutes choses. Ainsi encore dans Heereboord (Meletemata, p. 149), 07i ajoute ex nihilo, ce qu'il faut entendre d'abord négativement, en second lieu positivement... le néant ou le non-être a précédé l'être réel. Au sujet de l'idée du néant et de son rôle dans la philosophie ancienne et la moderne, voir la profonde étude de M. Bergson dans la Revue Philosophique (année 1906).

b) Au sujet du principe suivant lequel l'acte créateur est en même temps conservateur de la chose créée, Spinoza renvoie à son axiome 10 de la partie 1 des Principes de la Pliilosophie de Descartes (axiome 2 de Descartes, dans les Raisons qui prouvent, etc.). J'ai eu l'occasion de faire observer déjà (chap. m, b) que la doctrine de la création continuée est scolastique avant d'être cartésienne.

Saint Thomas dit [Summa theal., I, qu. 104, art. 1) : Dieu est conservateur des choses par la même action qu'il est créateur. Même langage ou à peu près, dans beaucoup d'autres auteurs scolastiques.

c) Dans le paragraphe 9, Spinoza réprouve la thèse suivant laquelle il y aurait en dehors de Dieu quelque chose de coéternel à Dieu. Dans les paragraphes 12 et 13, il combat les arguments donnés par certains auteurs à l'appui de cette doctrine. C'est par Heereboord {Meletemata, p. 105 et 107) qu'il a connaissance de ces arguments dont l'inventeur selon Freudenthal est Pereira.

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