PREMIÈRE PARTIE
nité. Mais il est à observer que même s'il est nécessaire que, pour Texistence d'une chose, quelque modification particulière soit requise et i^ ainsi " quelque chose de plus que les attributs de Dieu, Dieu ne laisse cependant pas pour cela de la pouvoir produire immédiatement. Car parmi les choses qui sont requises pour faire qu'une chose soit, quelques-unes le sont pour produire la chose et d'autres pour qu'elle puisse être produite. Je veux, par exemple, avoir de la lumière dans une certaine chambre ; j'allume un flambeau] qui éclaire la chambre par lui-même; ou bien j'ouvre une fenêtre, et celte ouverture par elle-même ne produit pas de lumière, mais fait que la lumière peut pénétrer dans la chambre. De même pourle mouvement d'un corps est requis un autre corps lequel doit avoir tout le mouvement qui passe de l'un à l'autre. Mais, pour produire en nous une idée de Dieu", nulle autre chose particulière possédant ce qui est produit en nous n'est requise ; il faut seulement qu'il y ait dans la Nature un certain corps tel, que l'idée en étant posée, Dieu se révèle immédiatement"". Et tu pouvais déduire cela de mes paroles quand j'ai dit que Dieu seul est connu par lui-même et non par quelque autre cause.
(13) Je te le dis cependant : aussi longtemps que nous n'avons pas de Dieu une idée d'une clarté telle, et nous unissant à lui d'une façon telle, qu'elle rende impossible que nous aimions quelque chose en dehors de lui,
• Le corps, dont il va être question, ne rassemble pas an flambeau qui éclaire par lui-même, mais à la fenêtre ouverte par oj la lumière peut entrer; au contraire, quand il s'agit d'un mouvement à produire, le corps qui se meut n e<t plus seulement condition, mais cause productrice.
•"" Sans modiJier ici le texte, je le traduis un peu librement pour le rendre intelligible (Voir note explicative).
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nous ne pouvons pas dire que nous soyons en vérité unis à Dieu et dépendions de lui immédiatement. Et, ce que tu pourrais avoir encore à me demander, renvoie-le à un autre moment, car la présente conjoncture m'oblige à une autre occupation. Porte-toi bien.
(14) Erasme. —Pour le moment non, mais je m'occuperai de ce que tu viens de me dire jusqu'à une autre occasion et te recommanderai à Dieu.