‹ Œuvres de SpinozaChapitre 37 sur 204 · DES ATTRIBUTS QUI N'APPARTIENNENT PAS A DIEU · texte numérisé non relu

DES ATTRIBUTS QUI N'APPARTIENNENT PAS A DIEU

(1) Nous commencerons maintenant à parler des attributs' qui sont généralement attribués à Dieu et cependant ne lui appartiennent pas et aussi de ceux par lesquels on cherche, mais vainement, à définir* Dieu ; et en môme temps des règles de la vraie définition.

(2) Pour faire cela, nous ne nous occuperons guère des représentations que les hommes ont généralement de Dieu ; mais nous examinerons seulement en bref ce

1. Pour ce qui concerne les attributs dont Dieu est formé, ils ne sont autre chose que des substances infinies dont chacune doit être elle-même infiniment parfaite. Qu'il (n doit être ainsi nécessairement, des raisons claires et distinctes nous en persuadent; II est vrai cependant que, de tous ces [attributs] infinis, deuxseulement jusqu'à*présent nous sont connus par eux-mêmes ; et ces attributs sont la pensée et l'étendue. Tout ce qui, en outre, est communément attribué à Dieu, ce ne sont pas des attributs mais seulement certains modes qui peuvent lui être imputés, ou bien à l'égard de tout, c'est-à-dire de tous ses attributs, ou bien à l'égard d'un seul attribut; à l'égard de tous, par exemple, qu'il est éternel, existant par lui-même, infini, cause de tout, immuable ; à l'égard d'un seul qu'il est, par exemple, omniscient, sage, etc. (ce qui se rapporte à la pensée) ; d'autre part qu'il est partout, remplit tout, etc. (ce qui appartient à l'étendue).

* Le texte hollandais donne ici bewijsen (démontrer); je iais la correction indiquée par Freudenthal et W. Meijer qui lisent beschrijven.

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