DEUXIÈME PARTIE
raisons que nous exposerons par la suite ou dans d'autres occasions.
(8j En outre, comme la destination d'Adam, ou de quelque créature particulière que ce soit, ne nous est connue que par l'événement, il s'ensuit que ce que nous pouvons dire de la destination de l'homme^, ne peut se fonder que sur le concept d'un homme parfait dans notre entendement; d'un tel homme nous pouvons bien connaître la destination, parce qu'il est un être de raison, et nous pouvons connaître aussi, comme il a été dit, son bien et son mal, car ce sont là de simples modes de penser.
(9) Pour en venir maintenant peu à peu à la question, nous avons déjà montré auparavant comment de la représentation naissent les mouvements, modes, affections et actions de l'âme et nous avons divisé en quatre cette représentation, à savoir :
1° Le ouï-dire seul; 2" l'expérience; 3" la croyance; A" la connaissance claire. Après donc que nous avons vu les effets de tous, il est évident par là que le quatrième mode, savoir la connaissance claire est le plus parfait de tous ; car l'opinion nous induit souvent en erreur; et la croyance droite n'est bonne que parce qu'elle est le chemin qui conduit à la connaissance vraie, en nous excitant vers les choses qui sont vraiment aimables, de sorte que la fin dernière que nous cherchons à atteindre et la plus noble que nous connaissions est la connaissance claire.
3. [Par la considération] d'aucune créature particulière on ne peut avoir une idée qui soit parfaite, car la perfection même de cette idée, c'est-à-dire [le jugement par lequel on décide J si elle est parfaite ou non, il faut nécessairement lu déduire dune idée générale ou Etre de Raison.
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(10) Toutefois, cette connaissance claire aussi diffère selon les objets qui se présentent à elle et d'autant meilleur est l'objet auquel elle s'unit, d'autant meilleure est cette connaissance; et par suite celui-là est l'homme le plus parfait qui s'unit à Dieu, l'être souverainement parfait et jouit ainsi de lui.
(11) Pour découvrir donc ce qu'il y a de bon et de mauvais dans les passions, nous les prendrons chacune à part pour les considérer ; et nous commencerons par VEtonnement. Cette passion, puisqu'elle naît ou de préjugés ou de l'ignorance, est une imperfection dans l'homme sujet à cette disposition de l'âme. Je dis une imperfection parce que l'étonnement par luimême ne conduit à rien de mauvais".
• Toute la fin de ce chapitre, depuis le paragraphe 9, ne nie parait pas faire partie de la rédaction primitive.