DE LA JOIE ET DE LA TRISTESSE
'1) Ayant vu de quelle nature sont la Haine et rÉtonnement, et que, nous pouvons le dire sûrement, jamais ces passions ne peuvent trouver place en ceux qui usent bien de leur entendement, nous continuerons de même et traiterons des autres passions; et pour commencer, soient d'abord le Désir et la Joie; à leur sujet, attendu qu'elles proviennent des mêmes causes d'où naît l'amour, nous n'avons rien à dire, sinon que nons devons nous rappeler ce que nous avons dit précédemment; sur quoi nous les laissons pour le moment.
(2) A ces passions nous joindrons la Tristesse de laquelle nous pouvons dire qu'elle ne naît que de l'opinion et de l'erreur en provenant; car elle a pour cause la perte de quelque bien.
Nous avons dit auparavant que tout ce que nous faisons devait servir à l'avancement et à l'amélioration. Or il est certain que, tant que dure notre affliction, nous nous rendons impropres à rien faire de tel ; c'est pourquoi il faut que nous nous dérobions à la tristesse, ce que nous pouvons faire en pensant au moyen de recouvrer la chose perdue, autant qu'il est en notre