DEUXIÈME PARTIE
pouvoir ; et si nous ne le pouvons pas, [en pensant] qu'il faut néanmoins nous délivrer de la tristesse, afin de ne pas tomber dans toutes les misères qu'elle amène nécessairement avec elle. Et il faut que nous fassions l'un et l'autre avec joie, car il est insensé de vouloir rétablir et réparer un bien perdu par un mal désiré et entretenu par nous.
[3) Enfin, qui use bien de son entendement doit nécessairement connaître Dieu, puisque Dieu est, comme nous l'avons démontré, le souverain bien et tout bien. D'où il suit, sans contredit, que quelqu'un qui use bien de son entendement ne peut tomber dans aucune tristesse. Comment non? Il repose dansle bien qui est tout bien et en quoi il y a plénitude de toute joie et de toute satisfaction.
De l'opinion donc ou de la non-connaissance provient la tristesse comme il a été dit*.
* Cette dernière phrase, mise entre crochets dans l'édition van Vloten et Land, ne se trouve que dans le manuscrit A.
CHAPITUE VIII