DEUXIÈME PARTIE 18o
existe*, avant de pouvoir être assurés [B : par elles] que c'était lui [B : qui leur parlait]; car ils savaient bien à ce moment que la voix, le tonnerre, l'éclair n'étaient pas Dieu, bien que la voix dît qu'elle était Dieu.
Et ce que nous disons ici des paroles, nous l'étendons à tous les signes extérieurs. Et nous estimons ainsi impossible que Dieu se soit fait connaître aux hommes par quelque signe extérieur que ce soit.
(11) Et nous tenons pour inutile que cela ait lieu par aucun autre moyen que par l'essence de Dieu et l'entendement de l'homme; puisque, en effet, ce qui en nous doit connaître Dieu est l'Entendement, lequel lui est uni si immédiatement que, sans lui, il ne pourrait exister ni être conçu, il apparaît par là sans contredit qu'aucune chose ne peut être aussi étroitement unie à l'Entendement que Dieu lui-même.
(12) Il est impossible aussi qu'on connaisse Dieu par quelque chose d'autre :
1" Parce que la chose qui le ferait connaître devrait alors nous être mieux connue que Dieu même, ce qui va manifestement contre tout ce que nous avons clairement démontré jusqu'ici : que Dieu est cause de notre connaissance et de toute essence, que les choses particulières sans exception ne pourraient non seulement pas exister sans lui, mais ne pourraient même pas être conçues.
2° Parce que nous ne pouvons en aucun cas parvenir à la connaissance de Dieu par celle d'une autre chose, dont l'essence est nécessairement finie, alors même qu'elle nous serait plus connue; comment est-il pos-
* Je suis la leçon «le B. — D'apù-s A, il faU'Irail lire : qu'il était Dieu.
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sible en effet que nous puissions conclure d'une chose finie [B : et limitée] une chose infinie et illimitée.
(13) Car, si même nous observions dans la Nature quelques eiïets ou un ouvrage dont la cause nous serait inconnue, il serait cependant encore impossible pour nous de parvenir à cette conclusion que, pour produire cet effet, une chose infiaie et illimitée doit exister dans la Nature. Pour produire cet effet, un grand nombre de causes se sont-elles réunies ou n'y en a-t-il qu'une seule? Comment pouvons-nous le savoir ? Qui nous le dira ?
C'est pourquoi nous concluons enfin que Dieu, pour se faire connaître aux hommes, ne peut user ou n'a besoin ni de paroles, ni de miracles, ni d'aucune autre chose créée, mais seulement de lui-même.