‹ Œuvres de SpinozaChapitre 97 sur 204 · DE LA LIBERTÉ VRAIE · texte numérisé non relu

DE LA LIBERTÉ VRAIE

(1) Par notre proposition du chapitre précédent nous n'avons pas seulement voulu faire savoir qu'il n'y a pas de Diables, mais aussi que les causes (ou pour mieux dire ce que nous appelons péchés'i qui nous empêchent de parvenir à notre perfection sont en nous-mêmes.

(2) Nous avons aussi montre dans ce qui précède de quelle façon, aussi bien parla raison* que par la quatrième sorte de connaissance, nous parvenons à notre félicité, et comment nos passions doivent être détruites. Non, comme on le dit communément, qu'elles doivent être vaincues avant que nous puissions parvenir à la connaissance et par suite à l'amour de Dieu, car autant vaudrait exiger que quelqu'un qui est ignorant dût déposer son ignorance avant de pouvoir parvenir à la connaissance, tandis que seule la connaissance est cause de la destruction de l'ignorance ; comme il se voit clairement par ce que nous avons dit. De même on peut déduire clairement de ce qui précède comment sans la Vertu, ou (pour mieux dire) sans la souveraineté de l'entendement, tout s'achemine à sa perte, sans que nous puissions jouir d'aucun repos, et

* Les mots atu$i bien par la rai$on que manquent dans le manuscrit B.

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