I. ir
nous vivons comme en dehors de notre élément.
(3) Si bien qu'alors même que, de la force de la connaissance et de Tamour divin, suivraient pour l'entendement non, comme nous l'avons montré, un repos éternel, mais seulement un repos temporaire, ce serait encore notre devoir de le rechercher, car il est tel lui aussi qu'on ne consentirait à l'échanger, quand on en jouit, contre aucune chose au monde.
(4) Puisqu'il en est -ainsi, nous pouvons à bon droit tenir pour une grande absurdité ce que disent beaucoup d'hommes réputés cependant grands théologiens: que, si nulle vie éternelle ne devait être la conséquence de l'amour de Dieu, ils chercheraient alors leur propre bien; cela est tout aussi insensé que si un poisson, pour qui nulle vie n'est possible hors de l'eau, disait : si nulle vie éternelle ne suit pour moi cette vie dans l'eau, je veux sortir de l'eau pour aller sur terre ; que peuvent dire d'autre ceux qui ne connaissent pas Dieu?
(5) Nous voyons ainsi que, pour saisir la vérité de ce que nous affirmons touchant notre bien et notre repos, nul autre principe n'est nécessaire, sinon celui de rechercher ce qui nous est utile à nous-mêmes, comme il est naturel à tous les êtres. Eprouvant maintenant qu'en nous efforçant vers les plaisirs des sens et la volupté et les choses du monde nous n'y trouvons point notre salut mais notre perte, nous préférons donc la souveraineté de notre entendement; mais cette dernière ne pouvant faire aucun progrès sans que nous soyons d'abord parvenus à la connaissance et à l'amour de Dieu, il est donc au plus haut point nécessaire de chercher Dieu ; et l'ayant, d'après les considérations €t estimations précédentes, reconnu comme le bien le meilleur de