‹ Œuvres de Sully PrudhommeChapitre 14 sur 104 · PENSÉE PERDUE · texte numérisé non relu

PENSÉE PERDUE

Elle est si douce la pensée Q.u'il faut, pour en sentir l'attrait, D'une vision commencée S'éveiller tout à coup distrait.

Le cœur dépouillé la réclame; Il ne la fait point revenir.

Et cependant elle est dans l'âme.

Et l'on mourrait pour la finir.

A quoi pensais-je tout à l'heure?

A quel beau songe évanoui Dois-je les larmes que je pleure?

Il m'a laissé tout ébloui.

Et ce bonheur d'une seconde, Nul effort ne me l'a rendu ; Je n'ai goûté de joie au monde Qu'en rêve, et mon rêve est perdu.

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