‹ Œuvres de Sully PrudhommeChapitre 16 sur 104 · LES YEUX · texte numérisé non relu

LES YEUX

A FRAXClSatE GEHEAULT

l3 LE US OU noirs, tous aimés, tous beaux. Des yeux sans nombre ont vu l'aurore ; Ils dorment au fond des tombeaux, Et le soleil se lève encore.

Les n-ciits, plus douces que les jours. Ont enchanté des yeux sans nombre; Les étoiles brillent toujours.

Et les yeux se sont remplis d'ombre.

Oh ! qu'ils aient perdu le regard, Non, non, cela n'est pas possible!

Ils se sont tournés quelque part Vers ce qu'on nomme l'invisible;

Et comme les astres penchants Nous quittent, mais au ciel demeurent, Les prunelles ont leurs couchants, Mais il n'est pas vrai qu'elles meurent.

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux, Ouverts à quelque immense aurore.

De l'autre côté des tombeaux Les yeux qu'on ferme voient encore.

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