‹ Œuvres de Sully PrudhommeChapitre 28 sur 104 · JE NE DOIS PLUS · texte numérisé non relu

JE NE DOIS PLUS

J E ne dois plus la voir jamais, Mais je vais voir souvent sa mère; C'est ma joie, et c'est la dernière, De respirer où je l'aimais.

Je goûte un peu de sa présence Dans l'air que sa voix ébranla; Il me semble que parler là, C'est parler d'elle à qui je pense.

Nulle autre chose que ses traits N'y fixait mon regard avide ; Mais, depuis que sa chambre est vide, Que de trésors j'y baiserais 1

Le miroir, le livre, Taiguille, Et le bénitier près du lit...

Un sommeil léger te remplit, O chambre de la jeune fille !

Qjjand je regarde bien ces lieux, Nous y sommes encore ensemble; Sa mère parfois lui ressemble A m'arracher les pleurs des yeux.

Peut-être la cro3'ez-vous morte ?

Non. Le jour où j'ai pris son deuil, Je n'ai vu de loin ni cercueil Ni drap tendu devant sa porte.

JEUNES FILLES

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