LES PRETRES
Si l'aigle peut casser le réseau qui l'arrête
Et se ravir soi-même au lâche ravisseur,
Si le lion blessé peut retourner la tête
Et tordre avec ses dents le poignard du chasseur.
Marchez ! et si le Christ aux colères sacrées
A fouetté de sa main des voleurs inconnus,
Et s'il a fait surgir de leurs caves murées
Des hommes qu'on pleurait comme s'ils n'étaient plus,
Marchez ! Quand la Vertu lève un poids qui l'opprime, La conscience humaine est blanche devant Dieu ; Et tant que respirer ne sera pas un crime, Vous les pourrez chasser de la fourche et du pieu,
Qu'ils meurent par la faux, ceux dont la tyrannie Du labeur pacifique a détourné la faux! Elle est le fer du pauvre, elle est trois fois bénie Par la foi, la justice et les virils travaux.
La vengeance du ciel descendra dans vos armes ; Les pères fatigués les passeront aux fils, Et, du haut des clochers tout ébranlés d'alarmes, Nous étendrons sur vous les pâles crucifix.