‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 2)Chapitre 37 sur 117 · LE SOUTE% T>ES .A%MU%ES · texte numérisé non relu

LE SOUTE% T>ES .A%MU%ES

lORN, étrange cénobite, Sur le plateau d'un roc pelé, Hors du temps et du monde, habite La tour d'un burg démantelé.

De sa porte l'esprit moderne En vain soulève le marteau :

Biom verrouille sa poterne Et barricade son château.

Qpand tous ont les yeux vers l'aurore, Biom, sur son donjon perché, A l'horizon contemple encore La place du soleil couché.

Ame rétrospective, il loge Dans son burg et dans le passé ; Le pendule de son horloge Depuis des siècles est cassé.

LE SOUPER DES ARMURES 8l

Sous sest)giyes féodales

Il erre» éveillant les échos »

Et ses pas, sonnant sur les dalles,

Semblent suivis de pas égaux.

Il ne voit ni laïcs, ni prêtres, Ni gentilshommes, ni bourgeois ; Mais les portraits de ses ancêtres Causent avec lui quelquefois.

Et certains soirs, pour se distraire, Trouvant manger seul ennuyeux, Biom, caprice funéraire.

Invite i souper ses aïeux.

Les Êmtômes, quand minuit sonne, Viennent armés de pied en cap ; Biom, qui malgré lui frissonne, Salue en haussant son hanap.

Pour s'asseoir, chaque panoplie Fait un angle avec son genou.

Dont l'articulation plie En grinçant comme un vieux verrou ;

Et tout d'une pièce, l'armure.

D'un corps absent gauche cercueil.

Rendant un creux et sourd murmure, Tombe entre les bras du fauteuil.

Landgraves, rhingraves, burgraves, Venus du ciel ou de Penfer, Ils sont tous là, muets et graves.

Les raides convives de ferl

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