‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 2)Chapitre 38 sur 117 · III. II · texte numérisé non relu

III. II

Dans l'ombre, un rayon Êiuve indique Un monstre, guivre, aigle à deux cous, Pris au bestiaire héraldique Sur les cimiers faussés de coups.

Du mufle des bêtes difformes Dressant leurs ongles arrogants, Partent des panaches énormes.

Des lambrequins extravagants;

Mais les casques ouverts sont vides Comme les timbres du blason ; Seulement deux flammes livides Y luisent d'étrange façon.

Toute la ferraille est assise Dans la salle du vieux manoir.

Et, sur le mur, l'ombre indécise .

Donne à chaque hôte un page noir.

Les liqueurs au feu des bougies Ont des pourpres d'un ton suspect; Les mets dans leurs sauces rougies Prennent un singulier aspect.

Parfois un corselet miroite.

Un morion brille un moment ; Une pièce qui se déboite Choit sur la nappe lourdement.

L'on entend les battements d'ailes D'invisibles chauves-souris, Et les drapeaux des infidèles Palpitent le long du lambris.

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